dimanche 14 janvier 2018

Mille chemins pour 2018



Depuis le 1er janvier, j'entends sans arrêt : "mes meilleurs voeux, bonne année et surtout bonne santé !"
C'est une litanie un peu monotone mais que (presque) tout le monde se sent obligé de répéter inlassablement.
J'ai donc eu envie, pour varier, de trouver quelques phrases, pas vraiment des vœux, plutôt ces phrases dites de "sagesse", proverbes ou citations, que l'on trouve un peu partout et qui ont au moins le mérite d'être un peu plus variées !
En voici donc quelques-unes, glanées deci-delà, et illustrées par des œuvres du street-art qui représentent l'art du quotidien, celui que nous pouvons voir chaque jour sur les murs de nos villes.





    Tout philosophe, quel qu’il soit, vous dira qu’aujourd’hui  est ce lendemain qui, hier encore, vous inquiétait.
    Les enfants persistent à suivre l’exemple de leurs parents, en dépit des efforts qui sont faits pour leur enseigner les bonnes manières.
    Les relations humaines les plus réussies sont celles où l’amour de l’un pour l’autre l’emporte sur le besoin  de  l’un pour l’autre.
    On ne connaîtra jamais toutes les réponses ; contentez-vous de connaître quelques-unes des questions.



    Nous devons extérioriser ce qui est au plus profond de nous-mêmes, à savoir ce sentiment de parenté qui nous unit à tous ceux qui partagent cette terre.
    Le besoin de sécurité a toujours été un frein aux entreprises le plus dignes.
    Tirons les leçons du passé, préparons notre avenir et vivons dans le présent.
    A trop s’inquiéter du lendemain, on en oublie le présent.
    Et si le génie, ce n’était que la faculté de percevoir les choses de manière inhabituelle ?
    Une fois que vous aurez les qualités pour réaliser les petites tâches, les grands travaux viendront à vous.

    Si vos rêves tombent en poussière, passez l’aspirateur.
    Apprenez à reconnaître vos qualités, ne les cachez pas : qu’est-ce qu’un cadran solaire dans la pénombre ?
    Ne faites pas de sermons : si vos convictions sont sincères, elles transparaitront dans vos actes.
    Pour les ignorants, le grand âge représente l’hiver ; pour les personnes éveillées, il représente la saison des récoltes.
    Le spectacle continue, quand-bien même vous décideriez de ne pas tenir votre rôle.
    Les grandes œuvres de ce monde sont dues pour la plupart à des personnes qui n’ont cessé de poursuivre leur objectif, même quand tout semblait perdu.
    L’éveil intérieur commence par la prise de conscience de notre ignorance.
    Tournez le visage du côté du soleil et les ombres tomberont derrière vous.
    Tout travail bien fait est du temps utilisé à bon escient.
    Les talents qui nous sont donnés par la nature sont comme des plantes, il faut les tailler par l’étude. (Francis Bacon)



    Ne vous contentez pas d’être bon, soyez bon à quelque chose.
    Hier est la mémoire d’aujourd’hui, demain n’est que le rêve d’aujourd’hui. (Khalil Gibran)
    Profitez de ce qui est bon, endurez ce qui est nécessaire. (Goethe)
    Cherchez d’abord à connaître le sens de vos paroles, parlez ensuite. (Epictète)
    Trois jours sans lecture font des paroles sans saveur.
    Ce n’est pas parce que l’eau est calme qu’il n’y a pas de crocodiles.
    Après la partie, le roi et le pion retournent dans la même boîte.
    On rencontre souvent sa destinée sur la route qu’on a prise pour l’éviter.
    Vivez, prenez du bon temps. Il est plus tard que vous ne pensez.


Et en ce début d'année, la phrase qui m'a le plus interpellée, est prononcée par Paul Auster. L'écrivain, nous dit : "Pour écrire, il faut s'ouvrir à soi-même, et puis se mettre à danser." Il me semble que cette phrase vaut pour l'écrivain, mais si l'on remplace le verbe écrire par vivre, elle vaut pour nous tous.

dimanche 7 janvier 2018

Métaphore



La cire et l'eau chaude. La force de la première impression

"Imaginez un récipient contenant une épaisse couche de cire froide, durcie, dont la surface est tout à fait plate et lisse. Vous prenez une cruche remplie d'eau chaude et vous en répandez un peu sur la cire. L'eau peut librement glisser où elle veut sur cette surface vierge, sans reliefs. Mais, étant chaude, à peine entre-t-elle en contact avec la cire que l'eau en fait fondre le dessus, y imprimant une empreinte peu profonde, comme celle d'un skieur dans de la neige poudreuse. Désormais, la cire présente un léger creux, l'eau chaude ayant tracé un chemin pareil au lit d'une rivière. Si, maintenant, vous répandez à nouveau un peu d'eau chaude dans le même récipient, que va-t-il se produire ? Où qu'elle tombe en premier, l'eau, moins libre que la première fois, va immanquablement rejoindre la trace antérieure qui va dès lors guider son écoulement et s'approfondir un peu. Plus vous versez d'eau, plus la même trace se creuse encore davantage, ne laissant plus guère de liberté à l'eau d'emprunter un autre chemin que celui déjà tracé." 
Cette métaphore, racontée par olivier Clerc, nous dit qu'une première empreinte, une première impression laisse une trace, et que celle-ci influence fortement les empreintes suivantes.




Le principe de cette métaphore s'observe sous de multiples formes. Et la connaissance de ce principe peut nous inciter à mettre davantage de conscience à chaque début, chaque première, chaque défloration d'une situation nouvelle.
On devine l'importance de cette image de la cire et de l'eau chaude dans tout ce qui touche à l'éducation ou l'apprentissage, qu'il s'agisse de la musique, du sport, du bricolage, des arts martiaux, de la danse, de la conduite automobile de l'utilisation de logiciels. L'énergie que nous dépensons à corriger quelque chose qui a été mal appris au départ est maintes fois supérieure à celle que nous demanderait le surcroît d'attention et de conscience nécessaire à effectuer une chose de manière juste la toute première fois.

Nous pouvons aussi en déduire que nombre de nos actes ne sont pas la conséquence d'un choix conscient et éclairé, fondée sur une connaissance approfondie du sujet, mais simplement le résultat de nos habitudes, de l'inertie, qui nous font emprunter machinalement les sillons les plus évidents, les plus usés, même quand ils sont complètement obsolètes, inefficaces ou contre-productifs. 
La métaphore de la cire et de l'eau chaude nous invite donc à discerner, dans notre vie, ce qui est "cire" et ce qui est "eau chaude", ce qui est le résultat de choix conscients que nous continuons d'approuver, ce qui a été inconsciemment hérité du passé (familial, social, religieux), et enfin, ce que nous avons mis volontairement en place mais qui n'a aujourd'hui plus de pertinence.  Pour ce faire, nous devons régulièrement porter un regard neuf sur ce ce que nous avons sous les yeux tous les jours. Ne rien prendre pour acquis. continuer de nous émerveiller, de nous interroger. rester curieux. Remettre l'évidence en question.


Et ainsi, à nous occuper tantôt du fond (la cire sans tomber dans le piège des habitudes) tantôt de la forme (l'eau chaude sans se laisser entraîner dans le piège de tous ceux qui préfèrent créer sans cesse plutôt qu'approfondir), ici de l'esprit et là, de la matière, à alterner entre création et reproduction, conscience et automatismes, tout devient pour nous occasion d'apprentissage et d'intégration, de croissance et d'accomplissement. 



Merci à Olivier Clerc de nous éclairer grâce à cette métaphore très parlante extraite de son livre : La grenouille qui ne savait pas qu'elle était cuite.