dimanche 20 mai 2018

Atelier pratique d'astrologie

Le 6 juin, nous vous proposons un atelier d'astrologie interactif au centre d'astrologie de Grenoble.
Il sera animé par Sylvie Lafuente Sampietro et nous permettra de découvrir le féminin en nous.
L'affiche ci-dessous vous donne toutes les indications sur cette soirée :



Ces ateliers sont vraiment l'occasion de découvrir, à travers ce que la société, l'histoire et la mythologie nous ont apporté, ce qui nous concerne personnellement et ce que nous pouvons vivre par nous-mêmes. Notre thème natal, que Sylvie Lafuente Sampietro nous aidera à décrypter sous l'angle de la féminité sera un outil très précieux pour comprendre notre singularité.
Tout en se découvrant soi-même, on découvre la diversité de nos approches individuelles, et une plus grande compréhension des comportements de notre entourage peut s'installer.
Je vous conseille donc vivement cet atelier, nous serons heureux de vous y accueillir.



Le 6 juin, de 19h15 à 22h15 au Centre d'astrologie, 1,rue Expilly   38 000 GRENOBLE





"C'est le féminin à l'égal du mâle que je chante. C'est la vie, incommensurable en passion, ressort et puissance. Pleine de joie, mise en oeuvre par des lois divines pour la plus libre action, c'est l'Homme moderne que je chante." Walt Whitman dans Feuilles d'herbe


dimanche 13 mai 2018

S'émerveiller



Cela commence par de l'étonnement. Tout dans ce monde est surprise et interrogation. S'étonner devant toutes les beautés de l'univers comme devant l'inexplicable :
"Le point le plus élevé que l'homme puisse atteindre est l'étonnement." Goethe

Il faut être attentif, car tout peut glisser sur nous sans que nous y prêtions attention et nous risquons de ne plus rien ressentir :
"La mesure de l'enchantement dépend de la plus ou moins grande attention que vous y mettez."Montaigne




Et s'émerveiller , surtout s'émerveiller, je ne m'en lasse pas :

"S'émerveiller devant la vie, s'émerveiller devant la mort, s'émerveiller devant toutes les naissances et la perpétuelle nouveauté; tout devient fil de soie pour tisser la trame d'une existence constamment émerveillée." Marie-Madeleine Davy




Ce n'est pas compliqué, il suffit souvent d'un sourire :

"Je coudoie chaque jour dans la rue ou dans le métro des centaines d'inconnus, et ce coudoiement n'est aucunement éprouvé comme rencontre : tous ces inconnus se présentent à nous au fond comme simples corps occupant une certaine place dans l'espace vital où nous avons à nous maintenir et à nous frayer une voie.
Il pourra d'ailleurs suffire de quelque chose qui, objectivement parlant, est un pur rien, pour que ce plan-là soit dépassé; par exemple, le ton sur lequel sera prononcée une phrase aussi simple que :"Je vous demande pardon", ou le sourire qui l'accompagne, et, aussitôt, jaillira une certaine clarté, qui n'a du reste rien de commun avec celle de l'intelligence, mais qui peut illuminer comme un éclair l'obscurité, c'est-à-dire au fond, avant tout, la solitude où nous avançons comme à tâtons." Gabriel Marcel


Et enfin garder cet étonnement, cet émerveillement jusqu'à la fin :
"Je voudrais arriver à la mort aussi frais qu'un bébé, et mourir avec cet étonnement des bébés qu'on sort de l'eau. L'émerveillement crée en nous un appel d'air. L'éternel s'y engouffre à la vitesse de la lumière dans un espace soudain vidé de tout." Christian Bobin

dimanche 6 mai 2018

Première rencontre


Quelques vers d'Emily Dickinson, lus dans un livre de Jean-Claude Ameisen et qui nous parlent de notre première rencontre avec l'autre, autrement dit notre mère :





"Que ma première connaissance soit de toi
Dans la lumière chaude du matin_
Et ma première crainte
Que l'Inconnu t'engloutisse dans la nuit_






Quand la seule chose que nous savons de l'amour
est que l'amour existe
et que cela nous suffit."



Illustrations de Myrrha. Nous exposons actuellement la série de ses oeuvres sur le zodiaque de Nephtys au local d'astrologie. Nous avons egalement en bibliothèque son très beau livre : Je te salue la vie.
Je vous rappelle que notre prochain après-midi d'accueil pour visiter l'exposition et nous rencontrer est prévu le 26 mai.


dimanche 29 avril 2018

Booz endormi



Booz endormi


Booz s'était couché de fatigue accablé ;
Il avait tout le jour travaillé dans son aire ;
Puis avait fait son lit à sa place ordinaire ;
Booz dormait auprès des boisseaux pleins de blé.

Ce vieillard possédait des champs de blés et d'orge ;
Il était, quoique riche, à la justice enclin ;
Il n'avait pas de fange en l'eau de son moulin ;
Il n'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge.

Sa barbe était d'argent comme un ruisseau d'avril.
Sa gerbe n'était point avare ni haineuse ;
Quand il voyait passer quelque pauvre glaneuse :
- Laissez tomber exprès des épis, disait-il.

Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques,
Vêtu de probité candide et de lin blanc ;
Et, toujours du côté des pauvres ruisselant,
Ses sacs de grains semblaient des fontaines publiques.

Booz était bon maître et fidèle parent ;
Il était généreux, quoiqu'il fût économe ;
Les femmes regardaient Booz plus qu'un jeune homme,
Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.

Le vieillard, qui revient vers la source première,
Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ;
Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
Mais dans l'oeil du vieillard on voit de la lumière.

Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens ;
Près des meules, qu'on eût prises pour des décombres,
Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres ;
Et ceci se passait dans des temps très anciens.

Les tribus d'Israël avaient pour chef un juge ;
La terre, où l'homme errait sous la tente, inquiet
Des empreintes de pieds de géants qu'il voyait,
Etait mouillée encore et molle du déluge.

Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,
Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée ;
Or, la porte du ciel s'étant entre-bâillée
Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.

Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne
Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu ;
Une race y montait comme une longue chaîne ;
Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu.

Et Booz murmurait avec la voix de l'âme :
" Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt ?
Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt,
Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.

" Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi,
O Seigneur ! a quitté ma couche pour la vôtre ;
Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre,
Elle à demi vivante et moi mort à demi.

" Une race naîtrait de moi ! Comment le croire ?
Comment se pourrait-il que j'eusse des enfants ?
Quand on est jeune, on a des matins triomphants ;
Le jour sort de la nuit comme d'une victoire ;

Mais vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau ;
Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,
Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe,
Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau. "

Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase,
Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés ;
Le cèdre ne sent pas une rose à sa base,
Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.

Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,
S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Quand viendrait du réveil la lumière subite.

Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.

La respiration de Booz qui dormait
Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature est douce,
Les collines ayant des lys sur leur sommet.

Ruth songeait et Booz dormait ; l'herbe était noire ;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
Une immense bonté tombait du firmament ;
C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.

Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l'oeil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.

Victor Hugo (La légende des siècles)


dimanche 22 avril 2018

Un conte et sa leçon

Une histoire d'origine chinoise racontée par Alexandre Jodorowsky. Dans "La sagesse des contes", il nous présente le conte suivi de la leçon que l'on peut en tirer. C'est souvent utile et parfois je ne tire pas la même leçon que lui mais ici, c'est assez simple à comprendre. Je vous livre néanmoins le conte et sa morale !



Le jeune peintre

"Un jeune homme, voulant devenir artiste peintre, vient trouver un grand maître. Celui-ci lui demande de peindre et d'apporter son tableau. Lorsqu'il l'a terminé, le jeune homme le montre au vieux, qui lui dit :
"Qu'en penses-tu ? As-tu réussi ton oeuvre ?
_ J'attends que vous me le disiez, répond le garçon, pas très sûr de lui.
_ Tu n'y es pas encore arrivé !"
Tristement, le garçon retourne dans sa chambre et commence un autre tableau. Lorsqu'il le termine, il revient voir le vieux.
"Qu'en penses-tu ? As-tu réussi ton oeuvre ?
_ J'attends que vous me le disiez.
_ Tu n'y es pas encore arrivé !"
La même scène se répète ainsi pendant plusieurs années. Un jour, enfin, l'élève a la sentiment d'avoir réalisé une peinture qui a de la valeur. Satisfait, il la porte à son maître. Celui-ci l'examine attentivement, puis comme toujours, il lui demande :
"Qu'en penses-tu ? As-tu réussi ton oeuvre ?
_ Cette fois, je crois que je l'ai réussie, mais j'attends que vous me le disiez.
_ Je dois y réfléchir, étudier ton tableau. Reviens demain."
Tout heureux, le jeune peintre va au café où se réunissent les autres élèves et commente avec chacun les qualités de son oeuvre. L'un d'eux lui dit :
"Je ne vois pas pourquoi tu es tellement content de toi. Je viens de parler avec le vieux et il n'a pas cessé de critiquer ton tableau. D'après lui, il n'a aucune valeur."
Le peintre, furieux, court à la maison du maître et, le voyant, il lui crie :
"Comment pouvez-vous parler ainsi de mon tableau ? C'est injuste : je suis sûr que vous savez qu'il est réussi, c'est une oeuvre d'art ! Je n'admets pas que vous le démolissiez ! Je n'admets pas que vous disiez du mal d'un tableau que j'aime !"
Le vieux sourit et lui répond :
"Enfin, tu y es arrivé !"




Lorsque, dans une lecture du Tarot, une personne me demande :
"Est-ce que j'aime cette personne ?" je lui réponds : "Comment peux-tu demander à des bouts de carton imprimé de te dire si tu aimes ou non ? Si tu aimais vraiment, l'univers entier aurait beau te dire que c'est faux, tu ne cesserais pas pour autant d'éprouver ce sentiment ! Si tu n'en n'as pas l'intime certitude, ton amour n'est pas véritable !"
Tant que le jeune peintre se préoccupe de ce que l'autre pense de son oeuvre, il ne croit pas en lui-même. Il n'a pas de certitude... Il s'agit de vaincre le grand juge implacable que la famille, la société et la culture nous ont implanté dans le cerveau. Plus important que le jugement des autres, il y a le jugement que nous portons sur nous-mêmes. Qu'importe qu'on nous dise que ce que nous faisons est mauvais, ce qui importe, c'est que nous aimions notre oeuvre ! La plus grande oeuvre d'art consiste à développer notre âme. Et pour cela, nous devons apprendre à nous aimer.



dimanche 15 avril 2018

Tagore et Mâ

Partons pour l'Inde avec Rabindranath Tagore. J'ai été séduite par sa voix et par la lumière de ses mots. Ce poème-ci en particulier nous parle si bien de notre condition d'humains chercheurs de sens. Tout est là et rien n'est perdu, c'est magnifique.



"Ce jeu qui est le tien 
C'est de nous balancer
Au rythme d'une mélodie silencieuse
De nous balancer sur ta balançoire.
Tu nous fais monter jusqu'à la lumière
Et brusquement tu nous précipites
Au fond des ténèbres.
Quand la balançoire remonte
Ce sont des rires joyeux.
Quand elle redescend,
ce sont des cris de peur.
Ce trésor qui est le tien
Tu le fais passer de ta main droite
à ta main  gauche
Et encore et encore.
Assis dans la solitude
Tu rassembles les soleils et les lunes
Et tu les fais tourner sans cesse
Tu les dévoiles et ils sont nus
Puis tu les habilles d'un voile
qui nous les cache.
Croyant que les trésors
de notre cœur
nous ont été arrachés
nous pleurons des larmes inutiles.
Mais tout est plein et complet
Rien n'a été perdu.
Il n'y a que la balançoire
Sans cesse, qui va et qui vient."
Rabindranath Tagore




Continuons avec l'Inde et cette grande figure qu'est Mâ. Une autre manière de nous dire que tout est en nous.
"L'appeler à grands cris n'est jamais vain et il faut continuer à prier tant que vous n'avez reçu aucune réponse. Ce n'est que le Soi qui s'appelle lui-même, et nul autre que le Soi ne se réalise Lui-même. Une prière incessante permet de trouver celui qui est la totalité (akhanda)."
Mâ Ananda Moyî



Terminons avec Rabindranath Tagore, et cette phrase que je trouve splendide, elle nous donne une clé, la clé de la joie :
"Je dormais et je rêvais que la vie n'était que joie. Je m'éveillai et je vis que la vie n'est que service. Je servis et je compris que le service est joie." Rabindranath Tagore

dimanche 8 avril 2018

Programme du trimestre

Comme chaque trimestre,  l'association Altaïr vous propose des activités que nous avons plaisir à vous présenter.
Ce trimestre, nous avons prévu une soirée étoilée le 1er mai. Vous savez que nous les aimons particulièrement. Et même si la météo nous oblige parfois à les annuler ou les reporter, nous tenons à les continuer car ce sont de très beaux moments. 



Puis, le 6 juin, Sylvie Lafuente Sampietro animera un atelier d'astrologie interactif. Ces ateliers sont l'occasion de découvrir comment nous vivons un sujet particulier, ici le féminin, à travers notre thème natal. Celui-ci sert de base à notre exploration et nous sommes guidés tout au long de la soirée par Sylvie lafuente Sampietro. Que vous connaissiez ou non l'astrologie, c'est une belle opportunité d'en savoir un peu plus sur vous-mêmes.



Et nous avons toujours dans notre local, l'exposition des œuvres de Myrrha, que vous pouvez découvrir lors des séances d'ouverture au public dont les dates vous sont précisées ci-dessous.
L'exposition se terminera fin juin, profitez de ces dates pour venir nous rendre visite !




Nous vous souhaitons un très beau trimestre, nous espérons vous retrouver pour ces manifestations où nous serons très heureux de vous accueillir.

dimanche 1 avril 2018

Poésie de l'instant

Des poèmes courts qui à chaque fois expriment l'essentiel : la beauté du moment, une sensation ou un sentiment fugitif suggéré par la nature. Les haïkus.
"Lisons. Écoutons cette façon inimitable de faire sourdre l'invisible. Comme une perception accélérée de l'instant. Comme si la nature, tout soudain, prenait la parole à la place de l'homme, telle une extension de lui-même et de ses émotions. Le poète contemple la lune (ou serait-ce l'inverse ?) _ leurs visages se reflètent jusqu'à se confondre. Voici le monde offert pour ce qu'il est : un espace où s'entretissent infiniment tristesse et beauté."





Une nuit au temple _
la lune
au plus clair de mon visage
Bashô
"Absorbons ces poèmes qui font écho au souhait rilkien d'"entendre chanter les choses." Des poèmes lâcher-prise, écrits par des fous de poésie. Ils n'imposent rien, ils offrent, ils tendent, ils éclosent. Ils disent une "reconnaissance" . Ils sont une "folle sagesse"mise en poésie." (extrait de la préface du livre : Haïku par Corinne Atlan et Zeno Bianu)




A la surface de l'eau
des sillons de soie_
pluie de printemps
Ryôkan

Vieil étang _
au plongeon d'une grenouille
l'eau se brise
Bashô

Valsent les papillons_
je parle
avec les morts
Yokoyama Hakkô




Une autre forme de poème court mis à l'honneur récemment par François Cheng permet aussi la fulgurance. Il est peut-être plus adapté à la langue française, qui rend difficile la traduction du japonais. François Cheng sait merveilleusement associer sa culture chinoise avec la culture française, en particulier dans ces quatrains..

De flamme et d'azur
Alouette au chant pur,
D'un bond, tu accèdes
A la plus haute fête !



La nature en nous, ouvre ses métamorphoses,
Lys s'éveillant nuage, et dragon phénix.
Monts et mers, vaste réserve inépuisable,
Qu'englobe pourtant ce cœur nôtre, infime.



dimanche 25 mars 2018

Une nouvelle définition du soi

Cette semaine, dans Telerama, le philosophe Pascal Chabot est interviewé sur les défis de notre monde.




Et il nous parle du soi d'une manière éclairante, face à ce qu'il appelle les ultraforces ( comme la finance, la robotisation, la numérisation ou la médicalisation), ces puissances qui règnent sur notre monde sans état d'âme. Je vous présente donc un extrait de cette interview :

"Le "soi" est une manière philosophique de dire que nous sommes des individus capables de nommer ce qui leur importe fondamentalement. Pour mieux le comprendre, demandez-vous ce que vous aimez chez l'autre quand vous aimez vraiment. Nous n'aimons jamais une personne pour son "moi" adapté au système mais pour ses qualités propres, celles qui font précisément qu'elle est elle, et pas une autre. Ce que nous aimons, c'est ce qui compte pour elle, c'est-à-dire son "soi". Et chacun est libre évidemment de décider ce qui compte vraiment. Portant, il me semble qu'on peut déceler quelques invariants constitutifs en chacun de nous : la "saveur" d'exister, par exemple, c'est-à-dire le rapport sensuel que nous tissons avec le monde, cette sensualité qui passe dans notre rapport à la nature, à ce que nous aimons manger, écouter, voir... Un autre marqueur universellement partagé est la recherche de stabilité et d'équilibre _ alors que la mentalité disruptive, on l'a vu, promeut justement le déséquilibre comme mode d'existence privilégié. Notre corps lui-même est une machine à retrouver des équilibres ! Autre marqueur : il me semble que la redécouverte de soi n'est jamais ... une fin en soi : elle ouvre sur un désir de l'autre. Le cocooning, la recherche de bien-être ont leur importance, mais c'est n'aller qu'à mi-chemin avec ces instruments que de leur refuser de nous mener vers autrui. Sinon, nous finirons tous comme le héros du film Cosmopolis, de David Cronenberg, enfermé dans sa limousine et se disant, alors qu'approche la fin du monde, que finalement il a réussi à se construire son petit pré carré de qualité, et que ça lui suffit... Le soi est toujours relié à l'autre, et c'est quand il se mue en "hors de soi", dans l'amitié, ou l'amour, après avoir défini ce qui lui importe vraiment et dépend de lui, qu'il est le plus épanoui."




"C'est dans la capacité à sortir de notre souffrance de sujets clivés, de choisir la quête d'un soi plus libre (et sans doute plus seul) pour dire haut et fort "Ceci est absolument essentiel pour moi et je me battrai pour le défendre", que se rejoignent la culture et la politique."

Cette définition du soi qui s'élargit vers la société est très intéressante, car nous entendons souvent le soi comme un sujet très personnel à traiter dans l'intimité alors que c'est bien en nous reconnectant à lui que nous pouvons réellement devenir des acteurs libres dans le monde. 



dimanche 18 mars 2018

Réjouissante bourse aux livres

Il pleuvait, hier, sur Grenoble, jusqu'en fin d'après-midi. Nous avions préparé la bourse aux livres et installé le matin nos tables couvertes de livres, prêtes à accueillir nos visiteurs.



La pluie ne les a pas arrêtés puisque nous avons eu des lecteurs de passage tout au long de l'après-midi.
Bien sûr, les livres de Dane Rudhyar ou de  Stephen Arroyo, références pour les astrologues sont bien vite partis, mais nous avons aussi pu faire partager des livres d'auteurs très différents, comme Joëlle de Gravelaine, Annick de Souzenelle, Liz Greene ou Denis Labouré.
Nous étions heureux de pouvoir proposer tous ces livres que nous ne pouvions ajouter à notre bibliothèque et heureux de voir l'intérêt porté à nos propositions.
Autour d'un thé ou d'un café, chacun a pu échanger et commenter ou demander conseil.
Ou même se retrouver entre amis.
Nous avons passé une belle journée, grâce à nos visiteurs. Nous les remercions chaleureusement d'avoir bravé la pluie pour venir nous retrouver.
Et espérons qu'ils ont pu goûter au plaisir de la lecture à leur retour chez eux.


"Car la lecture est une découverte de soi : "En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L'ouvrage d'un écrivain n'est qu'une espèce d'instrument optique qu'il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que sans le livre il n'eût peut-être pas vu en soi-même."

"Tant que la lecture est pour nous l'initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n'aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire."
Marcel Proust




La lecture est aussi une compagnie, une présence qui accompagne la solitude. Elle est aussi amitié qui se crée entre le lecteur et l'écrivain. Elle nous met en relation avec les autres lecteurs, en particulier à l'occasion de manifestations comme notre bourse aux livres. Elle nous ramène souvent à notre enfance, à la découverte du bonheur d'écouter puis de lire des histoires. et elle nous donne la liberté d'imaginer les mondes qui nous sont donnés à lire, de percevoir les mots à notre manière et de les entendre selon notre personnalité. Et les livres sont un appel à vivre, pour sentir par nous-mêmes ce que les auteurs ont voulu nous montrer dans leurs ouvrages.
Quant aux livres d'astrologie, ils peuvent nous ouvrir à de nouvelles dimensions de nous-mêmes, nous faire découvrir de nouvelles techniques de travail ou tout simplement nous permettre d'accéder à de nouvelles connaissances dont la richesse est infinie.


dimanche 11 mars 2018

Bourse aux livres

Samedi 17 mars, nous organisons une bourse aux livres au local d'astrologie.




Notre bibliothèque s'est en effet constituée au fil des ans de livres achetés par nos soins mais bien souvent aussi de livres qui nous ont été donnés.
Nous avons ainsi pu enrichir nos collections de nombreux livres, en particulier d'astrologie, très intéressants et souvent rares parce que plus édités.
Nous aimons partager cette richesse avec vous grâce aux prêts de livres que notre association a mis en place.
Mais au fil du temps, nous avons eu beaucoup de livres en double ou triple exemplaire et certains livres qui ne correspondaient pas aux thèmes que nous souhaitons conserver dans notre bibliothèque.
Ces livres, nous voulons vous les proposer lors de la bourse aux livres du 17 mars de 14h00 à 18h00 au local d'astrologie.
Nous aurons donc le plaisir de vous proposer des livres d'astrologie, mais aussi de psychologie, de psychanalyse, de spiritualité, d'ésotérisme.
Tous ces livres vous seront proposés à 2, 3 ou 5 €.
Je vous incite donc à venir nous rencontrer, voir ce qui vous intéresse et repartir éventuellement avec de belles découvertes.
Vous pourrez en même temps admirer notre belle exposition des œuvres de Myrrha et si vous le souhaitez acquérir un des tableaux sur le zodiaque.



"Un vrai livre, c'est toujours quelqu'un qui entre dans notre solitude."Christian Bobin


" La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver." Jean Guéhenno 





dimanche 4 mars 2018

L'âme au lever du jour

Un nouveau livre de François Cheng (Enfin le royaume), c'est toujours des moments de bonheur assurés. Avant de partir à sa découverte, je reviens sur son dernier livre : "De l'âme" pour redécouvrir certains passages qui m'ont fait vibrer.




Nous voici au lever du jour, au sommet de la montagne :

"Personnellement, si je suis fidèle au rendez-vous du couchant sur la mer, ou sur le fleuve, je ne me lasse pas de l'apparition du grand astre au sommet d'une montagne. La première fois, ce fut sur un vieux mont situé au sud de la Chine. Après une journée de pénible ascension, nous nous approchons de la cime noyée dans les nuages, nous pénétrons dans la solennité de grands conifères multicentenaires dont la senteur résineuse nous enivre, nous fait communier avec l'univers le plus archaïque -sentiment d'originel. Accueillis par des moines dans un temple, nous nous délestons de tout. La nuit est déjà tombée. Une ablution à même la cascade, un repas frugal, nous nous abandonnons à un sommeil bercé par les clochettes suspendues au coin de l'auvent. A cinq heures, nous grimpons jusqu'à une terrasse haut perchée, formée opportunément par de gros rochers plats. Les uns debout, d'autres assis,  riant, bavardant, nous sommes une trentaine à attendre là, dans le noir épais que traversent de temps à autre des oiseaux de nuit lourds de pressentiments. Plus loin, on devine une rangée de montagnes faisant un rempart qui sépare "ce côté-ci et l'au-delà". Brusque silence quand un trait de lueur traverse l'horizon - coup de gong nous frappant au cœur, coup d'épée déchirant les ténèbres. La lumière fait signe, la vie s'annonce, plus rien ne peut l'en empêcher. Pathétique mais sûr, centimètre par centimètre, le disque lumineux émerge des ombres. Happés par le sacré, les yeux inondés de larmes, nous nous taisons, jusqu'à ce que l'astre s'offre de toute sa rondeur, indéniable, aussi impérieux qu'irrésistible. C'est alors que nous explosons en applaudissements, en hourras comme pour faire chorus avec les nuages qui s'embrasent, resplendissent de tous les coloris dont l'univers est capable."




"On a beau te répéter que l'univers existe depuis des milliards d'années, toi tu es là pour la première fois. tu vois le ciel se lever et éclairer le monde comme si tu assistais à son avènement. L'univers advient à mesure que tu adviens. Cet instant de rencontre donne sens à toi comme à l'univers - instant rejoignant l'éternité, instant d'éternité."




Bien d'autre passages auraient pu retenir mon attention aujourd'hui, mais je crois que le printemps qui s'annonce et les signes de la nature en ce mois de février ont formé un écho à ce lever du jour si vivant de François Cheng.





Au sommet du mont et du silence,
rien n'est dit, tout est.
Tout vide est plein, tout passé présent,
tout en nous renaît.

(François Cheng, Enfin le royaume)

dimanche 25 février 2018

Apparition au jardin

Les oiseaux chantent à nouveau dans le jardin. Et je lève les yeux de mon ouvrage pour les observer. C'est toujours un moment suspendu : je cherche leur nom puis les observe avec attention. Les oiseaux m'obligent à revenir à l'instant présent et à la vie.




Christian Bobin, lui, lève souvent la tête et se fait happer par le spectacle d'un oiseau, mais c'est souvent pour l'intégrer à sa poésie, pour en faire un personnage de son histoire. Il  raconte, dans une  de ses chroniques dont il a le secret sa lecture d'un vieux livre du XVIIe siècle, interrompue par cette apparition :

"Au milieu de ma lecture, je lève la tête vers le jardin à l'instant où un geai au bleu secret se pose sur une branche du chêne - autre scène de visitation. Les geais sont les oiseaux les plus éveillés de la forêt. Leurs cris préviennent les autres bêtes de l'approche d'un intrus. Une légende dit que ces cris intempestifs ont guidé les soldats romains vers le Christ au mont des oliviers. La légende est mauvaise fille : il n'y a que merveilles dans ces porteurs de bleu. Laissant souvent tomber de leurs becs les grains dont ils se nourrissent, ils ont ensemencé la France de féeriques forêts de chênes."




Hier, j'ai observé un long moment huit tourterelles perchées sur le toit d'un immeuble, non loin de chez moi. Je me suis demandé ce qu'elles faisaient, étaient-elles en train de former des couples ? Et je suis tombée par hasard un peu plus tard sur un autre moment suspendu de Chritian Bobin :
"Ce matin, j'ai vu six tourterelles perchées sur le tilleul, et la chance a voulu que cette scène soit découpée par les montants de la fenêtre. Elles étaient comme illuminées de silence. Chacune était sur sa branche avec autour du cou comme un demi-collier noir, à la fois très chic et très sobre. Chacune regardait dans la même direction et paraissait attendre quelque chose, et cela abolissait la distance entre le jour et la nuit. Elles étaient comme les gens d'un village qui seraient sortis sur le pas de leur porte pour attendre le passage d'un cortège princier. J'étais le septième là-dedans. Nous étions sollicités par la même claire et petite énigme. Nous attendions quelque chose qu'on aurait dû nous annoncer, d'à la fois inhabituel et de rare. J'ai senti que l'arbre lui-même était pris dans la même attente. Je n'avais jamais assisté à quelque chose de cet ordre-là. Evidemment, dans le visible, il ne s'est rien passé, aucun cortège n'est arrivé, mais j'en ai éprouvé une paix inimaginable."




Toutes ces aventures d'oiseaux m'ont rappelé cette phrase de Marguerite Yourcenar, qui prend tout son sens pour moi en alliant les oiseaux aux étoiles :

"Quand tous les calculs s'avèrent faux, quand les philosophes eux-mêmes n'ont plus rien à nous dire, il est excusable de se tourner vers le babillage fortuit des oiseaux, ou vers le lointain contrepoids des astres." Marguerite Yourcenar (Mémoires d'Hadrien)


dimanche 18 février 2018

Où se trouve le calme ?


Le maître zen

Un maître zen est invité à la télévision. L'émission est en direct. Sur le plateau, dans les coulisses, à la régie, c'est l'effervescence. L'animateur plaque fiévreusement sur son crâne une mèche rebelle, parle dans son téléphone portable, lance à un collaborateur :
"Bertrand, n'oublie surtout pas le générique !... Et l'éclairage ? Je veux que mon invité soit en plein sous les spots !"
Enfin, tandis que les dernières secondes s'égrènent avant que l'émission ne commence , le présentateur s'assoit face au maître zen et lui souffle :
"Pas trop nerveux, avec toute cette excitation autour de vous ?"
_ Non, dit paisiblement le maître zen. En dehors de cette agitation, tout est calme."




Cette histoire est racontée par Jean-Claude Carrière et elle illustre bien cette idée du calme intérieur de ceux qui ont réussi à rejoindre leur nature profonde. Quelque part, au fond de nous, le calme règne mais il n'est pas facile de se connecter à cet espace-là.
Ces deux haïkus nous en parlent et il me semble que leur lecture attentionnée me rapproche de ce calme intérieur.

Sous l'écume de la surface
le fond de l'eau est tranquille.
Ainsi l'esprit de l'Eveillé.



On s’assoit sans rien dire, on ne fait rien, 
et pourtant le printemps arrive 
et l’herbe pousse toute seule. (Basho)  




"Le remède à tous les maux de la vie se cache dans les profondeurs de la vie elle-même, dont l’accès nous est rendu possible lorsque nous sommes seuls. Cette solitude est un monde en soi, plein de merveilles  et de trésors dont nous ne soupçonnions pas l’existence. Ce monde est absurdement proche et pourtant si incroyablement distant." (Rabindranath Tagore) 


dimanche 11 février 2018

Conférence : Histoire de naissance

"Je ne suis pas le produit de mon histoire - mes parents, mon enfance, mon développement. Ceux-ci sont des miroirs dans lesquels je peux saisir des aperçus de mon image." James Hillman

Notre naissance sera toujours un sujet d'interrogations : pourquoi cette famille, pourquoi ce moment-là, pourquoi cela s'est-il passé ainsi, pourquoi ai-je eu cette enfance-là ?

Une conférence vivante et passionnante sur notre histoire de naissance est venue nous éclairer. Grâce à Dominique Georges, nous en avons appris un peu plus le 1er février au centre d'astrologie.




Comment ce qu'ont vécu nos parents, ce que nous avons vécu avant, pendant et après notre naissance nous a influencé dans notre vie future ?
Et comment, en devenant conscient de ce qui s'est joué pour nous et autour de nous à ces moments-là, nous pouvons vivre mieux et éviter bien des douleurs, des répétitions de situations ou tout simplement nous accepter tel que nous sommes nous sentir bien.
Sa méthode est très pragmatique : elle nous pose des questions sur ce qui entourait notre naissance : comment était notre milieu de naissance, nos parents, leur relation, comment nous avons été conçu, comment s'est déroulée la grossesse, l'accouchement et notre début de vie. Puis elle relit notre histoire en portant l'attention sur ce qui a pu conduire au (x) problème(s) que nous avons aujourd'hui et très souvent, ces liens permettent de mieux  comprendre ce qui se joue en nous.

Lorsque ce processus ne suffit pas, elle propose également des constellations qui mettent en scène les situations problématiques auxquelles nous avons été confrontés autour de notre naissance et cette démarche donne aussi de très bons résultats.


"Une vérité qui dérange est toujours préférable à un mensonge qui fait du bien." Thomas Mann





Nous avons beaucoup apprécié le pragmatisme de cette approche, les nombreux exemples qui émaillaient la conférence dans lesquels tout le monde s'est retrouvé à un moment ou un autre et la belle humanité de Dominique Georges.
Vous pouvez vous renseigner sur son travail sur son site : http://www.dominiquegeorges.com

Voici une citation de Lise Bourbeau, avec qui Dominique Georges a travaillé :


"Nous avons tous la même mission en venant sur cette planète : celle de vivre des expériences jusqu'à ce que nous arrivions à les accepter et à nous aimer à travers elles.
Tant qu'une expérience est vécue dans la non acceptation, c'est à dire dans le jugement, dans la culpabilité, la peur, le rejet ou tout autre forme de non acceptation, l'humain s'attire les circonstances et les personnes qui lui font revivre cette expérience."




Et enfin, je ne résiste pas à citer Rumî, le sage soufi et merveilleux poète :
" Quand vous découvrirez sous le voile comment sont les choses en réalité, vous vous répéterez sans arrêt : "Tout ceci n'est certainement pas comme nous pensions que c'était.""

dimanche 4 février 2018

Le culte du moi


Pour parler encore une fois de l'ego et du moi, voici deux histoires racontées par Jean-Claude Carrière : on y voit des moines zen et des rabbins aux prises avec leur ego.




Qui est là ?

Ce conte très célèbre et souvent répété , nous vient du Japon, du bouddhisme zen.
Un disciple, qui voulait voir son maître et lui parler, vint à sa porte :
_ Qui est là ? demanda le maître.
_ Rinzo.
_ Va-t-en ! s'écria brutalement le maître.
Il accompagna même cet ordre d'une insulte. 
Rinzo s'en alla sans comprendre, revint quelques heures plus tard et frappa de nouveau, mais plus timidement, à la porte.
_ Qui est là ? demanda le maître.
_ Rinzo...
_ Va-t-en !
Et le maître ajouta quelques insultes méprisantes.
Rinzo s'en alla, très attristé et désemparé. Il passa toute la nuit à souffrir et à réfléchir. A l'aube suivante, les yeux gonflés, le coeur incertain, il alla une troisième fois frapper à la porte du maître, qui demanda :
_ Qui est là ?
_ Personne..., répondit faiblement le disciple.
_ Ah Rinzo ! dit alors le maître. pousse la porte, entre !





La deuxième histoire nous vient d'Israël.

Auto-dénigrement

Le culte du moi, si répandu, commence très souvent par le dénigrement de soi-même. Ainsi le montre cette histoire juive contemporaine, qu'on raconte aujourd'hui en Israël.
Trois rabbins sont assis à l'arrière d'un taxi. Le premier soupire et dit : 
_ Quand je pense à Dieu, je me dis que je suis vraiment très peu de chose.
Le second rabbin dit au premier :
_ Si toi, tu es très peu de chose, alors qu'est-ce que je suis ? Je ne suis rien.
Le troisième rabbin dit au second :
_ Si toi, tu n'es rien, alors qu'est-ce que je suis ? Je suis moins que rien ! Je suis au-dessous de tout !
Le chauffeur de taxi, qui est noir, se retourne à ce moment-là et leur dit :
_ Mais si vous parlez de cette manière, si vous dites que vous n'êtes rien, que vous êtes même moins que rien, alors qu'est-ce que je suis, moi ? Il n'y a même pas de mot pour me décrire ! Je n'existe pas !
Les trois rabbins se regardent et disent alors :
_ Mais pour qui il se prend, celui-là ?