dimanche 12 novembre 2017

Désir de liberté



"Ah ! Tournesol, lassé du temps,
Toi qui comptes les pas du soleil;
En quête de ce doux climat doré
Où s'achève le périple du voyageur;
Où le jeune homme dépérissant de désir,
Et la vierge pâle enlinceulée de neige,
Se lèvent de leur tombe et aspirent
Vers où mon Tournesol souhaite aller !"
William Blake (Les champs d'expérience)




William Blake considérait que la conception propre à la rationalité mécanique qui s'imposait à la fin du XVIII e siècle, avec le tournant de l'industrialisation, "en réduisant l'univers et les hommes à un ensemble de rouages, nous mutilait gravement. L'arbre qui nous apprend la droiture, la rivière qui parcourt le pays, l'abeille qui anime l'univers, l'oiseau qui ouvre le ciel, ne sont plus désormais porteurs d'aucune présence, d'aucun sens. Ils ne sont que des ressources que l'on peut exploiter. Le monde serait mort, nous disent les prêtres de cette nouvelle religion. Est-ce acceptable ?"
"La poésie vise à nous faire entendre une autre langue, une langue qui ne nous apprend pas à tout contrôler, mais à nous ouvrir au mystère du réel. Elle nous enseigne ainsi qu'un être humain n'est pas "une ressource", qu'un infirmier qui soigne ceux qui souffrent n'est pas "un agent", que des élèves ne sont pas "un public".
Telle est la leçon du tournesol. Son désir d'atteindre quelque chose de plus haut, de sortir de sa condition, de s'élever est aussi celui de tout être humain. Le poème est là pour nous le rappeler. Il cherche à réveiller en nous le désir le plus haut et le plus juste."  Fabrice Midal




William Blake voulait rendre l'homme à la vie, lui rendre le seul vrai regard, celui de la poésie.
"Si les fenêtres de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme pour ce qu'elle est _ infinie. "William Blake
La poésie, qui est en nous, nous offre l'immensité, dont nous sommes privés.
"Ne comprends-tu pas que le moindre oiseau qui fend l'air
Est un monde de délices fermé par tes cinq sens ?"William Blake
Il est question avec Blake d'être vivant et de libérer en nous "le plus haut désir qui nous habite, le désir d'éveil, de liberté, de tendresse et d'amour."(Fabrice Midal).
N'est-ce pas là une nécessité ?





dimanche 5 novembre 2017

Automne flamboyant



Couleurs d'automne sous un soleil d'été.
Légèreté nécessaire pour vivre sans contraintes.
Départ pour ailleurs, pays, livre, rencontre,
Tout est possible et tout peut être dit
Chaque jour.





L’automne 

"Quand la vie est une forêt
Chaque jour est un arbre
Quand la vie est un arbre
Chaque jour est une branche
Quand la vie est une branche
Chaque jour est une feuille"
Jacques Prévert




"De temps à autre, faites retraite dans les livres, ceux que vous aimez entre tous, ceux qui nous ouvrent grand les portes de l'évasion, ceux qui nous parlent aventure, voyage et paysage par exemple, du lever du soleil, de la pêche à la mouche, ce sujet métaphysique, du chant des merles au printemps, à la tombée du jour, tel le chant que sifflait Gerda pour son amoureux Wolf Solent dans le roman de Powys (un écrivain qui sut vieillir heureux). Fréquentons assidûment les morts aimés, pas si morts que ça après tout, plus vivants entre les pages, plus proches et amicaux et bénéfiques, que nombre de nos contemporains.  Ils ont peut-être quelques conseils de sagesse à nous donner, inspirés par leur exemple, non par des prêches, ils y répugnent. La vieillesse, qui, croit-on, est usure et anxiété et, bien souvent, lutte à contre-courant, lourde et lente, se fera plus légère, moins visible, le plaisir ayant pour effet de donner des ailes_certaine illumination venue de l'intérieur." Christine Jordis




"
la cause principale de ces vagues soudaines et inexplicables de bonheur qui nous emportent en d'étranges voyages vers les rivages retirés de la terre de nos désirs, c'est la vue de la branche d'arbre qui s'étire au loin et qui, si nous la contemplons, paraît flotter sur un océan d'air, un  océan mystique; océan tellement liquide, d'un air tellement transparent, qu'il va se fondre dans l'horizon, et que la branche qu'il porte semble attirer à elle, en l'arrachant à l'immensité, le secret même de la vie et de la mort." John Cowper Powys

dimanche 29 octobre 2017

Nouvelle soirée astronomie/astrologie

Si vous êtes venu(e) le 28 septembre pour notre soirée astronomie/astrologie, vous savez que nous aurons la suite des vidéos sur la sphère armillaire le 9 novembre prochain.
Donc, n'oubliez pas de réserver votre soirée (sur assoc.altair@gmail.com ).
Nous continuerons à découvrir comment l'astrologie que nous pratiquons est basée sur un découpage géométrique du ciel et nous en saurons plus sur le lien qui unit astrologie et astronomie.




Nous aurons à nouveau les compléments apportés par Sylvie Lafuente Sampietro qui pourra répondre à toutes nos questions.
Nous vous attendons donc pour cette nouvelle soirée tout aussi intéressante que la première.





« La sagesse est un savoir pratique et réfléchi appliqué au quotidien. Il existe une forme de savoir, constituée par la mémorisation de données éparses, qui de ce fait, brouille les traces sur le chemin de la sagesse. Toutefois, il existe un savoir qui, animé par une vive aspiration à la sagesse, conduit à la réalisation définitive de la plénitude et de l’intégrité de la personne individuelle. »
Dane Rudhyar

Si vous n'avez pu assister à ces soirées passionnantes, vous pouvez retrouver toutes les vidéos diffusées lors de ces soirées sur le site : Renaissante astrologie.

dimanche 22 octobre 2017

L'ermite



Quand Matthieu Ricard nous raconte ses années passées dans son ermitage de l'Himalaya, son expérience prend un goût d'aventure extrême comparée à notre vie en occident.
On peut se dire qu'une cabane avec une vue dégagée sur toute la chaîne de l'Himalaya apporte  quelque chose de grandiose et d'intemporel, il n'empêche que vivre des mois, voire des années retiré dans cet endroit peut paraître incroyable.
Matthieu Ricard se situe dans la lignée des ermites qui de tous temps, ont ainsi questionné leur existence et le sens de leur vie, que ce soit pour quelques mois, quelques années ou une grande partie de leur vie. Voici ce qu'il nous dit à propos des ermites :



"La vocation de l'ermite est souvent mal comprise. L'ermite ne se retire pas du monde parce qu'il se sent rejeté, parce qu'il n'a rien trouvé de mieux à faire que d'errer dans les montagnes ou parce qu'il est incapable de faire face à ses responsabilités. S'il prend cette décision qui peut paraître extrême, c'est qu'il s'est rendu compte qu'il ne peut pas contrôler son esprit et résoudre le problème du bonheur et de la souffrance au milieu des activités sans fin de la vie ordinaire, aussi futiles que distrayantes. Il ne fuit pas le monde, il prend ses distances par rapport à lui pour le mettre en perspective et mieux percevoir son fonctionnement. Il ne fuit pas non plus ses semblables, il a besoin de temps pour cultiver l'amour et la compassion authentiques que n'affecteront pas les les préoccupations ordinaires comme le plaisir et le déplaisir, le gain et la perte, la louange et le blâme. Comme le musicien qui fait ses gammes ou l'athlète qui entraîne son corps, il lui faut du temps, de la concentration et une pratique assidue pour maîtriser son esprit chaotique, pénétrer le sens de la vie, puis mettre sa sagesse au service des autres. Sa devise pourrait être : "Se transformer soi-même pour mieux transformer le monde."
Les situations agitées de la vie ordinaire, en effet, rendent très difficile le progrès dans la pratique, et pour développer sa force intérieure, il est préférable de se consacrer uniquement à à l’entraînement de l'esprit pendant le temps qui sera nécessaire. L'animal blessé se cache dans la forêt pour guérir de ses blessures avant de pouvoir gambader à nouveau comme il lui plait. Nos blessures à nous, ce sont celles de l'égoïsme, de la malveillance, de l'attachement, et des autres toxines mentales.
L'ermite ne "pourrit" pas dans sa cellule, comme certains l'ont écrit. Ceux qui ont fait l'expérience de ce dont ils parlent vous diront plutôt qu'il mûrit dans son ermitage. Pour celui qui demeure dans la fraîcheur de la pleine conscience du moment présent, le temps n'a pas la lourdeur des jours passés dans la distraction, mais la légèreté du vécu pleinement savouré. Si l'ermite perd le goût de certaines préoccupations ordinaires, ce n'est pas que son existence est devenue insipide, c'est qu'il reconnait, parmi toutes les activités humaines possibles, celles qui contribuent véritablement à son propre épanouissement et au bonheur des autres."



Et la parole d'un de ces ermites éclaire son propos :

"Si tu aspires à la solitude des montagnes,
D'accueillantes grottes s'ouvrent au flanc des falaises
Sous les sommets drapés de brume.
Demeurer seul dans ces ermitages
Est source, à court et à long terme, d'une indicible joie."
Kalden Gyatso (1607-1677)


dimanche 15 octobre 2017

Dialogue avec la nature


Tout parle nous dit Victor Hugo. tout parle et tout vit autour de nous. Tout est plein d'âmes.
Avec lui, c'est la nature entière qui s'exprime et dialogue avec Dieu. 
Et le spectre qui apparaît près du dolmen va lui révéler le secret de la nature : tout est relié car c'est Dieu qui donne sens à la nature.
Cette vision panthéiste de Victor Hugo parle aussi sous une autre forme de ce lien qui nous unit à toutes les créatures de ce monde, puisque nous faisons tous partie de la nature. 


Ce que dit la bouche d'ombre

L'homme en songeant descend au gouffre universel.
J'errais près du dolmen qui domine Rozel,
À l'endroit où le cap se prolonge en presqu'île.
Le spectre m'attendait ; l'être sombre et tranquille
Me prit par les cheveux dans sa main qui grandit,
M'emporta sur le haut du rocher, et me dit :

Sache que tout connaît sa loi, son but, sa route ;
Que, de l'astre au ciron, l'immensité écoute ;
Que tout a conscience en la création ;
Et l'oreille pourrait avoir sa vision,
Car les choses et l'être ont un grand dialogue.
Tout parle ; l'air qui passe et l'alcyon qui vogue,
Le brin d'herbe, la fleur, le germe, l'élément.
T'imaginais-tu donc l'univers autrement ?
Crois-tu que Dieu, par qui la forme sort du nombre,
Aurait fait à jamais sonner la forêt sombre,
L'orage, le torrent roulant de noirs limons,
Le rocher dans les flots, la bête dans les monts,
La mouche, le buisson, la ronce où croît la mûre,
Et qu'il n'aurait rien mis dans l'éternel murmure ?
Crois-tu que l'eau du fleuve et les arbres des bois,
S'ils n'avaient rien à dire, élèveraient la voix ?
Prends-tu le vent des mers pour un joueur de flûte ?
Crois-tu que l'océan, qui se gonfle et qui lutte,
Serait content d'ouvrir sa gueule jour et nuit
Pour souffler dans le vide une vapeur de bruit,
Et qu'il voudrait rugir, sous l'ouragan qui vole,
Si son rugissement n'était une parole ?
Crois-tu que le tombeau, d'herbe et de nuit vêtu,
Ne soit rien qu'un silence ? et te figures-tu
Que la création profonde, qui compose
Sa rumeur des frissons du lys et de la rose,
De la foudre, des flots, des souffles du ciel bleu,
Ne sait ce qu'elle dit quand elle parle à Dieu ?
Crois-tu qu'elle ne soit qu'une langue épaissie ?
Crois-tu que la nature énorme balbutie,
Et que Dieu se serait, dans son immensité,
Donné pour tout plaisir, pendant l'éternité,
D'entendre bégayer une sourde-muette ?
Non, l'abîme est un prêtre et l'ombre est un poète ;
Non, tout est une voix et tout est un parfum ;
Tout dit dans l'infini quelque chose à quelqu'un ;
Une pensée emplit le tumulte superbe.
Dieu n'a pas fait un bruit sans y mêler le Verbe.
Tout, comme toi, gémit ou chante comme moi ;
Tout parle. Et maintenant, homme, sais-tu pourquoi
Tout parle ? Écoute bien. C'est que vents, ondes, flammes
Arbres, roseaux, rochers, tout vit !

 Tout est plein d'âmes.

Victor Hugo ( Les contemplations)


Dessins de Victor Hugo
La nature, il faut la laisser intacte, nous dit Gérard M. Hopkins dans ce poème qui nous entraîne dans une nature vertigineuse, infiniment vivante.

Le ruisseau sombre, brun, selle de cheval,
Charroyant dans la pente ses roches rugissantes,
Et sa toison d'écume en ses creux et ses combes
Vers le tréfonds du lac dévale en sa maison.

La coiffe fauve d'une mousse vol-au-vent
tourne et se brise par-dessus la boue
D'un siphon d'encre noire caché tout au fond,
Elle broie le désespoir et le broyant le noie;

Saturés de rosées, au prisme des rosées,
Au secret des hauteurs que traverse son cours
Bruyères en maigres touffes, bouquets de fougères,
Colliers de frênes au surplomb du ruisseau.

Qu'adviendrait-il du monde, une fois dévêtu
De sa nature et de ses eaux ? Laisse-les nous,
Ô laisse-nous et la nature et l'eau;
Vivent l'herbe sauvage et la nature intacte.
Gérard M. Hopkins



dimanche 8 octobre 2017

Rencontre

A travers l'autre, on ne rencontre jamais que soi-même. Cette phrase, j'y ai beaucoup pensé car nous croyons souvent aller réellement à la rencontre de l'autre.

"Qui suis-je, si je ne suis pas toi ?
 Qui es-tu, si tu n'es pas moi ?"
 Emir Abd-el Kader




Mais est-il nécessaire de le connaitre, cet autre, pour le rencontrer vraiment ? En quoi consiste le véritable échange ?

«L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière. Cette phrase convient merveilleusement à François d'Assise. On sait de lui peu de choses et c'est tant mieux. Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître. Ce qu'on en dit, en croyant savoir ce qu'on dit, rend difficile de le voir. On dit par exemple : Saint-François-d'Assise. On le dit en somnambule, sans sortir du sommeil de la langue. On ne dit pas, on laisse dire. On laisse les mots venir, ils viennent dans un ordre qui n'est pas le nôtre, qui est l'ordre du mensonge, de la mort, de la vie en société. Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n'ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre. L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière
Christian Bobin.




Prendre le risque, malgré tout, pour ne pas manquer la joie qui en ressortira, quitte à tout perdre. Prendre le risque en étant conscient de ce que nous vivons :


"Je ferme les yeux.
Sur la paix de mon cœur,
Je n'ai plus à chercher mon chemin.
Bien sûr je te ferai mal.
Bien sûr nous aurons mal.
Mais ça, c'est la condition de l'existence.
Se faire printemps, c'est prendre le risque de l'hiver.
Se faire présent, c'est prendre le risque de l'absence...
Et moi, c'est à mon risque de peine que je connais ma joie."
Antoine de Saint-Exupéry



dimanche 1 octobre 2017

Représenter le ciel


La vie qui danse, pour moi, ces temps-ci, ce sont toutes sortes de petites choses qui tissent un joli canevas plein de couleurs. Mais les jolies couleurs ne sont rien sans quelques touches sombres pour leur donner tout leur éclat.


Voici par exemple un joli moment de partage jeudi soir, pour découvrir toutes les beautés et subtilités de la sphère armillaire, les bases de l'astrologie et la description géométrique du ciel. Des vidéos, passionnantes et un groupe tout entier tourné vers cette découverte : une façon beaucoup plus vivante de regarder plutôt que chacun devant son écran ce scientifique passionné par l'astronomie tout autant que par l'astrologie.
Son nom, nous ne le connaissons pas, il préfère le taire, nous savons juste qu'il est scientifique, ingénieur. Car dans beaucoup de milieux scientifiques, parler d'astrologie vous fait passer au mieux pour quelqu'un de très crédule et  au pire, pour un adepte d'une secte. Nous ne pouvons que le remercier d'avoir néanmoins créé sa série de vidéos extrêmement utiles pour aider les astrologues éloignés peu ou prou de l'astronomie à comprendre le lien qui existe depuis très longtemps entre les deux disciplines (faire comprendre le lien qui existe aux astronomes  est plus difficile comme vous l'aurez compris).




Depuis l'antiquité, et les plus anciennes traces nous viennent des babyloniens, l'homme s'est intéressé au ciel et à toutes les informations utiles pour donner un rythme aux activités humaines. Les hommes préhistoriques, dans les cavernes ou sur des pierres, nous ont aussi laissé quelques traces de l'intérêt qu'ils portaient au ciel et à la signification de ses mouvements. Il paraissait alors tout à fait normal d'observer le ciel et tout en le lisant, d'interpréter les synchronicités observées avec nos événements terrestres.

L'astrologie et l'astronomie ont eu des trajectoires communes pendant très longtemps et très souvent, l'astronome s'intéressait à l'astrologie.
Les grands savants de l'antiquité ont fait des traités sur l'astrologie comme Ptolémée, et par la suite, jusqu'à la renaissance, les recherches ont souvent été menées par les mêmes scientifiques. Beaucoup de tableaux, cadrans solaires, globes, cartes et objets en témoignent.
Mais en 1666, Colbert a créé en France l'académie des sciences et il a été décidé que l'astrologie ne faisait pas partie des sciences admises. elle est donc sortie du domaine scientifique pour n'y plus revenir.



Dans les vidéos que nous avons regardé, il est fait référence à la sphère armillaire, dont je vous ai déjà parlé, qui modélise le ciel vu de la terre en trois dimensions. C'était un objet scientifique utilisé tout au long de l'histoire jusqu'à ce que le système héliocentrique découvert par Copernic et Galilée devienne l'objet d'étude des astronomes. Mais c'est ce même point de vue du ciel vu de la terre qui va intéresser l'astrologue, d'où l'intérêt de redécouvrir cet objet.  Il est aussi question de l'astrolabe, une façon de représenter le ciel qui a servi longtemps aux navigateurs mais qui est aussi souvent le symbole de l'astrologue. Et nous découvrons comment la carte natale en deux dimensions utilisée en astrologie se construit à partir du ciel représenté en trois dimensions sur la sphère armillaire. Et le plus important, peut-être : ce qu'est le zodiaque tropical, base de l'astrologie que nous utilisons.





Nous n'avons visionné qu'une partie des vidéos, la seconde partie sera à partager le 9 novembre. Je me réjouis déjà de cette nouvelle soirée de rencontre pour réconcilier astronomie et astrologie !





dimanche 24 septembre 2017

L'eau et le sable

Voici un très joli conte qui nous parle d'accepter notre vraie nature mais aussi du désert et de l'eau. Il nous emporte bien loin, par-delà les monts. Il est raconté par Henri Gougaud et nous vient de Perse.




La voix des sables

Il était une fois un vieux fleuve perdu dans les sables du désert. Il était descendu d'une haute montagne qui se confondait maintenant avec le bleu du ciel. Il se souvenait avoir traversé des forêts, des plaines, des villes, vivace, bondissant, puis large, fier et noble. Quel mauvais sort l'avait conduit à s'enliser parmi ces dunes basses où n'était plus aucun chemin ? Où aller désormais, et comment franchir ces espaces brûlés qui semblaient infinis ? Il l'ignorait, et se désespérait.

Or, comme il perdait courage à s'efforcer en vain, lui vint des sables une voix qui lui dit :
_ Le vent traverse le désert. Le fleuve peut en faire autant.
Il répondit qu'il ne savait voler, comme faisait le vent.
_ Fais donc confiance aux brises, aux grands souffles qui vont, dit encore la voix. Laisse-toi absorber et emporter au loin.
Faire confiance à l'air hasardeux, impalpable ? Il ne pouvait accepter cela. Il répondit qu'il était un terrien, qu'il avait toujours poussé ses cascades, ses vagues, ses courants dans le monde solide, que c'était là sa vie, et qu'il était inconcevable de ne plus suivre sa route vers des horizons sans cesse renouvelés. Alors la voix lui dit (ce n'était qu'un murmure) : 
_ La vie est faite de métamorphoses. Le vent t'emportera au-delà du désert, il te laissera retomber en pluie, et tu redeviendras rivière.
Il eut peur tout à coup. Il cria :
_ Mais moi je veux rester le fleuve que je suis !
_ Tu ne peux, dit la voix des sables. Et si tu parles ainsi, c'est que tu ignores ta véritable nature. le fleuve que tu es n'est qu'un corps passager. Sache que ton être impérissable fut déjà maintes fois emporté par le vent, vécut dans les nuages et retrouva la Terre pour à nouveau courir, ruisseler, gambader.
Le fleuve resta silencieux. Et comme il se taisait un souvenir lui vint, semblable à un parfum à peine perceptible. "Ce n'est peut-être rien qu'un rêve" pensa-t-il. Son cœur lui dit : " Et si ce rêve était mon seul chemin de vie, désormais ?".




Le fleuve se fit brume à la tombée du jour.  Craintif, il accueillit le vent, qui l'emporta. Et soudain familier du ciel où planaient les oiseaux  il se laissa mener jusqu'au sommet d'un mont. Loin au-dessous de lui les sables murmuraient :
_ Il va pleuvoir là-bas où pousse l'herbe tendre. Un nouveau ruisseau va naître. Nous savons cela. Nous savons tout des mille visages de la vie, nous qui sommes partout semblables.
La voix sans cesse parle. Comme la mémoire du monde, le conte des sables est infini.




dimanche 17 septembre 2017

Saturne

J'ai déjà évoqué Saturne et en 2014, j'avais posté cet article à son sujet :



Depuis quelques années, la sonde Cassini observe Saturne, ses anneaux et ses satellites et nous livre des points de vue extraordinaires sur ce monde que l'on aperçoit comme un point dans le ciel.
Ces images fascinantes nous montrent toute la complexité de cette planète, la dernière du système solaire visible à l’œil nu depuis la terre, avec ses anneaux, ses ouragans immenses, ses cinquante-six satellites.




Les poètes de jadis ne connaissaient  pas toute cette beauté et pour eux, comme pour les anciens astrologues, Saturne est maléfique, symbole de la peur et de la mort.

Voici d'abord le Saturne de Victor Hugo, dans les contemplations :

Saturne ! sphère énorme ! astre aux aspects funèbres !
Bagne du ciel ! prison dont le soupirail luit !
Monde en proie à la brume, aux souffles, aux ténèbres !
Enfer fait d'hiver et de nuit !

Son atmosphère flotte en zones tortueuses.
Deux anneaux flamboyants, tournant avec fureur,
Font, dans son ciel d'airain, deux arches monstrueuses
D'où tombe une éternelle et profonde terreur.

Ainsi qu'une araignée au centre de sa toile,
Il tient sept lunes d'or qu'il lie à ses essieux ;
Pour lui, notre soleil, qui n'est plus qu'une étoile,
Se perd, sinistre, au fond des cieux !

Les autres univers, l'entrevoyant dans l'ombre,
Se sont épouvantés de ce globe hideux.
Tremblants, ils l'ont peuplé de chimères sans nombre,
En le voyant errer formidable autour d'eux !




Et Brassens ne le réhabilite pas :

Il est morne, il est taciturne
Il préside aux choses du temps
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est un Dieu fort inquiétant
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est un Dieu fort inquiétant




Quant à Verlaine, il n'est pas tendre avec les Saturniens dans ses poèmes du même nom :

Or ceux-là qui sont nés sous le signe SATURNE,
Fauve planète, chère aux nécromanciens,
Ont entre tous, d'après les grimoires anciens,
Bonne part de malheur et bonne part de bile.
L'Imagination, inquiète et débile,
Vient rendre nul en eux l'effort de la Raison.
Dans leurs veines le sang, subtil comme un poison,
Brûlant comme une lave, et rare, coule et roule
En grésillant leur triste Idéal qui s'écroule.
Tels les Saturniens doivent souffrir et tels
Mourir, — en admettant que nous soyons mortels, —
Leur plan de vie étant dessiné ligne à ligne
Par la logique d'une Influence maligne.





Et pourtant...
Certes, Saturne représente nos limites en astrologie, dont la mort fait partie, mais pour celui qui veut bien emprunter le chemin qu'il nous propose, il va conduire à réaliser l'équilibre entre corps et esprit, entre la sensibilité et la volonté, entre l'intuition et la logique et entre le féminin et le masculin.
Cet équilibre réalisé nous conduira à rien de moins qu'à la sagesse.
Voilà qui nous permet de mieux apprécier les magnifiques images de la sonde Cassini, et qui nous prouve également que les merveilles de Saturne se méritent :  persévérance et discipline sont au rendez-vous car la sonde a mis 7 ans pour arriver près de Saturne, elle est en orbite depuis 2004 et devrait y rester jusqu'en 2017 ! 

Nous étions en 2014.

Et nous avons reçu ce week-end des nouvelles de la sonde Cassini . Elle s'est écrasée sur la planète après nous avoir fourni de splendides images pendant quelques années (depuis 2004). Ces images nous montrent Saturne et ses anneaux presque irréels tant tout semble ordonné et merveilleusement bien agencé. Bien sûr, cette idée n'est pas juste car ces images sont faites de loin et tout cet ensemble est extrêmement complexe, chaque partie formant un monde en soi avec son atmosphère, son histoire et ses questions.




Pour expliquer l'image de Saturne, la mal-aimée, on peut aussi chercher du côté de la mythologie : Saturne n'est pas un dieu facile ! C'est lui qui avalait ses enfants à la naissance par peur qu'ils ne lui dérobent le pouvoir. Heureusement, grâce à une ruse, on lui fit avaler une pierre à la place du dernier-né, permettant ainsi à Jupiter de vivre.





Revenons à nos images : Saturne dans le ciel du soir, observé à la lunette, est une pure merveille, et grâce à Cassini, nous avons constaté qu'en nous en rapprochant, nous sommes toujours aussi émerveillés. Regardons-le donc et tentons de dépasser nos peurs.  Mais la sonde Cassini nous montre aussi que le voyage est très long avant de pouvoir atteindre Saturne.  Le but final de Saturne tel que nous l'indique l'astrologie : la verticalité, une éthique personnelle intégrée au quotidien ne se développera qu'au prix d'une longue discipline. Il nous montre la voie vers une sagesse  qui se développe peu à peu pour aller vers une humanité authentique. Ce chemin-là est encore long...



dimanche 10 septembre 2017

Nostalgie



J'ai gardé le souvenir des vers de Zeno Bianu qui nous avait accompagnés lors du stage en Ardèche de  l'été dernier sur Lilith. Sa poésie est libre, inspirée et nous emmène ailleurs.
Et je suis retombée sur ses vers.
Nostalgie, nostalgie mais aussi grand plaisir de le retrouver avec un plaisir intact, tout en lui étant reconnaissante de tout ce qu'il nous a apporté lors de cette semaine sur la femme sauvage en nous.




Je vous livre un extrait d'un poème qui s'intitule Innocence héroïque et dans lequel il évoque Robert Desnos.


Une fois
une seule fois
à chaque instant
c'est toujours
la première fois
un souffle
un seul
pour parler avec le silence
un seul souffle
pour accepter 
d'être entièrement vulnérable
...
et tu sens d'un coup
la terre de la terre
l'eau de l'eau
l'air de l'air
le feu du feu
c'est le réveil des souffles

ton poème 
passe à travers
les yeux de ceux qui te lisent
comme un vent d'énergie fauve
vif et lumineux

et tu sens soudain que rien
ne se gaspille dans l'univers
...
une fois
une seule fois
à chaque instant
c'est 
toujours
la première fois
une cristallisation d'imprévisible




Il me donne à voir une énergie folle que je peux ressentir à travers ses mots, tels ceux-ci :

Jamais 
nous n'aurons assez de souffle
pour respirer le monde
comme un mystère inépuisable



dimanche 3 septembre 2017

Bientôt l'automne !

Des préparatifs, une agitation retrouvée, un temps qui se rafraîchit, l'automne arrive !
Il est donc temps de parler de ce qui va nous intéresser d'ici la fin de l'année.




Nous avons été séduits par une série de vidéos sur la sphère armillaire et nous souhaitons vous les présenter. La sphère armillaire est un objet ancien, qui existe depuis l'antiquité.
"En astronomie, une sphère armillaire, dans son approche classique, est un instrument qui modélise la sphère céleste. Elle est utilisée pour montrer le mouvement apparent des étoiles, du Soleil et de l'écliptique autour de la Terre "( Wikipedia).
Elle représente donc le ciel tel qu'on le voit depuis la terre (système géocentrique).
C'est exactement ce qui nous intéresse en astrologie puisque nous représentons le ciel vu de la terre en deux dimensions.
La sphère armillaire nous est donc particulièrement utile pour comprendre comment s'articule un thème natal et comment le ciel évolue et avec lui les thèmes astraux.
Les deux soirées que nous vous proposons les 28 septembre et 9 novembre auront pour objectif de comprendre comment nous faisons le passage de l'astronomie à l'astrologie pour établir les thèmes astraux.




Les vidéos passionnantes quel que soit notre niveau d'astrologie nous éclaireront sur la construction du thème astral et seront commentées par Sylvie Lafuente Sampietro. Nous pourrons aussi poser toutes nos questions à cette occasion.
Ce sera un beau moment pour mieux comprendre notre lien à l'univers et  ce mandala complexe qu'est notre thème.


Puis nous aurons notre rendez-vous annuel avec l'astrologie mondiale le 8 décembre.
Comme chaque année, Sylvie Lafuente Sampietro nous aidera à comprendre les enjeux de l'année à venir.
Voici comment se présente l'année 2018 :


 « Lâcher prise au passé et construire l’avenir »

Cette conférence a pour objectif de vous permettre de mieux comprendre la mutation du monde et de nos sociétés à travers une prise de recul sur l’actualité et une compréhension des cycles que l’humanité vit. Elle est un apport personnel pour la gestion de votre année 2018, elle vous donnera des clefs pour saisir ce qui se passe dans votre vie et une prise de conscience des cycles qui sont à l’oeuvre. Comment lâcher le passé et s’ouvrir au présent ? A quels éléments devons-nous lâcher prise ? Comment organiser le nouveau monde qui émerge ?  Que nous faut-il saisir pour vivre au mieux les mutations en cours ?

En 2018, nous verrons éclore le fruit d’une gestation qui a lieu depuis 1993 (conjonction Neptune/Uranus). Il s’agit d’une vision politique, peut-être encore de l’ordre de l’utopie, mais qui pourrait nous amener à trouver un nouveau paradigme pour unifier l’idéal communautaire et la liberté individuelle, la collectivité et la créativité, le sentiment de communion et la vision du libre penseur. Ce temps du semicarré croissant d’Uranus à Neptune permet une émergence, il s’agit pour chacun d’oser aller de l’avant sans certitude et de se laisser explorer de nouveaux chemins. Cette poussée peut créer des tensions, des peurs et des conflits si nous restons figés dans les solutions du passé. Le semicarré décroissant de Jupiter à Saturne nous demande de lâcher prise par rapport à d’anciennes constructions d’ordre social ou personnel. Saturne en Capricorne et Uranus qui passe en Taureau, nous pousseront vers des solutions pragmatiques et concrètes. Il s’agit de structurer pas à pas le changement. Venez découvrir les enjeux de cette année 2018 pour pouvoir gérer vos décisions de vie en accord avec le rythme du cosmos.



Un beau programme pour cet automne et une année 2018 qui s'annonce riche de perspectives : de quoi nous motiver pour aller de l'avant !

Inscriptions : au local pendant les permanences Altaïr ou par mail : assoc.altair@gmail.com

dimanche 27 août 2017

Légende tibétaine

Recommençons en douceur et en restant dans le ciel avec une légende qui nous vient du Tibet.
Elle est racontée par Patrick Fishmann.
Les Bön proviennent d'une ancienne tradition spirituelle du Tibet, avant le bouddhisme.




Les larmes d'Avalokiteshvara

_ Tu m'as demandé pourquoi les Bön tâchaient de prévenir les événements en les déchiffrant dans le ciel ? je vais te répondre, te conter une histoire, j'ajouterai un secret, Bhuchung, pour fêter tes huit ans.
L'être humain baigne dans la vie du cosmos pris entre deux : d'un côté, le monde physique, les plantes, les animaux  et les êtres célestes; de l'autre, les divinités et les démons des sept royaumes. L'homme réside entre ces forces, ballotté par les orages, pris dans la bourrasque. Tout l'influence et il se laisse malmener. Il faut être un bouddha pour échapper au pouvoir des plaisirs et des peines. Ce monde propose un mélange d'agrément et de douleur. C'est une situation propice pour envisager la voie de l'éveil.
Les Bön se sont demandé s'ils pouvaient prévenir les invasions. Ils ont observé les états d'âme pour voir s'ils attiraient fortunes et calamités. Ils ont cherché à saisir la nature des êtres magiques pour les éviter, les attirer ou se les concilier. Enfin, ils ont médité sur la vie des grands êtres qui éclairent la voie.

Quand Maya vit en songe un éléphant blanc venir des montagnes, portant dans sa trompe un lotus, le roi convoqua les brahmanes astrologues afin d'interpréter le rêve. On attendit de leur prophétie un grand monarque ou un grand maître. Ainsi naquit Siddhârta Gautama, qui devint, comme tu le sais, le Bouddha.
On avait aussi prédit le retour de Shakyamuni. Emanant du cœur d'Amithaba, le bouddha de la compassion, apparut un petit garçon de ton âge, assis sur un lotus. Ce Guru Rinpotche, je t'en ai parlé. je t'ai dit pour le dalaï-lama, comme on l'avait cherché, puis trouvé. Comme ça, pour bien d'autres. Mais je t'ai promis un secret pour tes huit ans, alors voilà :
Tu sais que notre guide, Tchenrezi, est venu secourir et illuminer le Tibet. Moi, je le nomme Avalokiteshvara parce qu'on l'appelait comme ça, quand j'étais petit dans les montagnes. Comme il vit que tous les êtres de l'univers souffraient sur le sentier baigné d'étoiles, il versa deux larmes. Celle qui coula de son oeil droit devint Tara verte, tandis que la perle qui jaillit de son oeil gauche se transforma en Tara blanche. Tara veut dire étoile, elle est la compagne et la mère de tous les bouddhas. Dans son coeur bat la sonorité tam, verte, posée sur une lune. Belle, souriante, tara-étoile a seize ans, le teint des émeraudes et tient devant son coeur un lotus épanoui à  l'oreille. Elle donne naissance à l'idée d'éveil, le Dharma qui illumine tous les êtres comme la lumière du soleil et de la lune.




Tara est celle qui libère
Et protège les êtres
De toutes les peurs,
De toutes les souffrances,
Quelles qu'elles soient.
Pour elle, chacun est son enfant sur la voie. Il chevauche une montagne, à la fois fragile, fort, tel un perce-neige. Elle veille à ses côtés pour l'aider à traverser le Samsâra et dompter pacifiquement les puissances qui risquent de le faire tomber. Tu peux l'appeler, elle vient, elle veille à ce que les démons ne t'emportent pas. Chaque fois que tu auras besoin, elle te sauvera. Que tu l'imagines sous l'une de ses vingt et une apparences ou que tu la rencontres sous l'aspect d'une femme au coeur pur. C'est le secret, Bhushung, quelles que soient les influences, les forces à l'oeuvre, les raffuts provoqués par les démons, sur ton sentier baigné d'étoiles, ces deux larmes te porteront.




Dans mon village, on raconte qu'Avalokiteshvara fut jadis un singe de la vallée de Yarlung, que Tara-étoile-qui-sauve errait sous la forme d'un yeti. Ils s'étaient rencontrés, dit-on, pour finalement s'aimer et donner naissance à six enfants, les premiers hommes. Petit, sers-toi de ces images de notre folklore, crées-en de nouvelles, les moines ont parfois tendance à s'imaginer qu'une vie d'homme est préférable à une incarnation de femme ou qu'un singe est meilleur qu'un yeti. Tchenrezi sur le mont Potala a entonné dix millions de fois le mantra de Tara, à l'intention de tous les êtres. Chante avec lui l'étoile, bois les larmes qui éveillent et chevauche ta montagne, bon chemin et bon anniversaire Bhuchung !