dimanche 17 septembre 2017

Saturne

J'ai déjà évoqué Saturne et en 2014, j'avais posté cet article à son sujet :



Depuis quelques années, la sonde Cassini observe Saturne, ses anneaux et ses satellites et nous livre des points de vue extraordinaires sur ce monde que l'on aperçoit comme un point dans le ciel.
Ces images fascinantes nous montrent toute la complexité de cette planète, la dernière du système solaire visible à l’œil nu depuis la terre, avec ses anneaux, ses ouragans immenses, ses cinquante-six satellites.




Les poètes de jadis ne connaissaient  pas toute cette beauté et pour eux, comme pour les anciens astrologues, Saturne est maléfique, symbole de la peur et de la mort.

Voici d'abord le Saturne de Victor Hugo, dans les contemplations :

Saturne ! sphère énorme ! astre aux aspects funèbres !
Bagne du ciel ! prison dont le soupirail luit !
Monde en proie à la brume, aux souffles, aux ténèbres !
Enfer fait d'hiver et de nuit !

Son atmosphère flotte en zones tortueuses.
Deux anneaux flamboyants, tournant avec fureur,
Font, dans son ciel d'airain, deux arches monstrueuses
D'où tombe une éternelle et profonde terreur.

Ainsi qu'une araignée au centre de sa toile,
Il tient sept lunes d'or qu'il lie à ses essieux ;
Pour lui, notre soleil, qui n'est plus qu'une étoile,
Se perd, sinistre, au fond des cieux !

Les autres univers, l'entrevoyant dans l'ombre,
Se sont épouvantés de ce globe hideux.
Tremblants, ils l'ont peuplé de chimères sans nombre,
En le voyant errer formidable autour d'eux !




Et Brassens ne le réhabilite pas :

Il est morne, il est taciturne
Il préside aux choses du temps
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est un Dieu fort inquiétant
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est un Dieu fort inquiétant




Quant à Verlaine, il n'est pas tendre avec les Saturniens dans ses poèmes du même nom :

Or ceux-là qui sont nés sous le signe SATURNE,
Fauve planète, chère aux nécromanciens,
Ont entre tous, d'après les grimoires anciens,
Bonne part de malheur et bonne part de bile.
L'Imagination, inquiète et débile,
Vient rendre nul en eux l'effort de la Raison.
Dans leurs veines le sang, subtil comme un poison,
Brûlant comme une lave, et rare, coule et roule
En grésillant leur triste Idéal qui s'écroule.
Tels les Saturniens doivent souffrir et tels
Mourir, — en admettant que nous soyons mortels, —
Leur plan de vie étant dessiné ligne à ligne
Par la logique d'une Influence maligne.





Et pourtant...
Certes, Saturne représente nos limites en astrologie, dont la mort fait partie, mais pour celui qui veut bien emprunter le chemin qu'il nous propose, il va conduire à réaliser l'équilibre entre corps et esprit, entre la sensibilité et la volonté, entre l'intuition et la logique et entre le féminin et le masculin.
Cet équilibre réalisé nous conduira à rien de moins qu'à la sagesse.
Voilà qui nous permet de mieux apprécier les magnifiques images de la sonde Cassini, et qui nous prouve également que les merveilles de Saturne se méritent :  persévérance et discipline sont au rendez-vous car la sonde a mis 7 ans pour arriver près de Saturne, elle est en orbite depuis 2004 et devrait y rester jusqu'en 2017 ! 

Nous étions en 2014.

Et nous avons reçu ce week-end des nouvelles de la sonde Cassini . Elle s'est écrasée sur la planète après nous avoir fourni de splendides images pendant quelques années (depuis 2004). Ces images nous montrent Saturne et ses anneaux presque irréels tant tout semble ordonné et merveilleusement bien agencé. Bien sûr, cette idée n'est pas juste car ces images sont faites de loin et tout cet ensemble est extrêmement complexe, chaque partie formant un monde en soi avec son atmosphère, son histoire et ses questions.




Pour expliquer l'image de Saturne, la mal-aimée, on peut aussi chercher du côté de la mythologie : Saturne n'est pas un dieu facile ! C'est lui qui avalait ses enfants à la naissance par peur qu'ils ne lui dérobent le pouvoir. Heureusement, grâce à une ruse, on lui fit avaler une pierre à la place du dernier-né, permettant ainsi à Jupiter de vivre.





Revenons à nos images : Saturne dans le ciel du soir, observé à la lunette, est une pure merveille, et grâce à Cassini, nous avons constaté qu'en nous en rapprochant, nous sommes toujours aussi émerveillés. Regardons-le donc et tentons de dépasser nos peurs.  Mais la sonde Cassini nous montre aussi que le voyage est très long avant de pouvoir atteindre Saturne.  Le but final de Saturne tel que nous l'indique l'astrologie : la verticalité, une éthique personnelle intégrée au quotidien ne se développera qu'au prix d'une longue discipline. Il nous montre la voie vers une sagesse  qui se développe peu à peu pour aller vers une humanité authentique. Ce chemin-là est encore long...



dimanche 10 septembre 2017

Nostalgie



J'ai gardé le souvenir des vers de Zeno Bianu qui nous avait accompagnés lors du stage en Ardèche de  l'été dernier sur Lilith. Sa poésie est libre, inspirée et nous emmène ailleurs.
Et je suis retombée sur ses vers.
Nostalgie, nostalgie mais aussi grand plaisir de le retrouver avec un plaisir intact, tout en lui étant reconnaissante de tout ce qu'il nous a apporté lors de cette semaine sur la femme sauvage en nous.




Je vous livre un extrait d'un poème qui s'intitule Innocence héroïque et dans lequel il évoque Robert Desnos.


Une fois
une seule fois
à chaque instant
c'est toujours
la première fois
un souffle
un seul
pour parler avec le silence
un seul souffle
pour accepter 
d'être entièrement vulnérable
...
et tu sens d'un coup
la terre de la terre
l'eau de l'eau
l'air de l'air
le feu du feu
c'est le réveil des souffles

ton poème 
passe à travers
les yeux de ceux qui te lisent
comme un vent d'énergie fauve
vif et lumineux

et tu sens soudain que rien
ne se gaspille dans l'univers
...
une fois
une seule fois
à chaque instant
c'est 
toujours
la première fois
une cristallisation d'imprévisible




Il me donne à voir une énergie folle que je peux ressentir à travers ses mots, tels ceux-ci :

Jamais 
nous n'aurons assez de souffle
pour respirer le monde
comme un mystère inépuisable



dimanche 3 septembre 2017

Bientôt l'automne !

Des préparatifs, une agitation retrouvée, un temps qui se rafraîchit, l'automne arrive !
Il est donc temps de parler de ce qui va nous intéresser d'ici la fin de l'année.




Nous avons été séduits par une série de vidéos sur la sphère armillaire et nous souhaitons vous les présenter. La sphère armillaire est un objet ancien, qui existe depuis l'antiquité.
"En astronomie, une sphère armillaire, dans son approche classique, est un instrument qui modélise la sphère céleste. Elle est utilisée pour montrer le mouvement apparent des étoiles, du Soleil et de l'écliptique autour de la Terre "( Wikipedia).
Elle représente donc le ciel tel qu'on le voit depuis la terre (système géocentrique).
C'est exactement ce qui nous intéresse en astrologie puisque nous représentons le ciel vu de la terre en deux dimensions.
La sphère armillaire nous est donc particulièrement utile pour comprendre comment s'articule un thème natal et comment le ciel évolue et avec lui les thèmes astraux.
Les deux soirées que nous vous proposons les 28 septembre et 9 novembre auront pour objectif de comprendre comment nous faisons le passage de l'astronomie à l'astrologie pour établir les thèmes astraux.




Les vidéos passionnantes quel que soit notre niveau d'astrologie nous éclaireront sur la construction du thème astral et seront commentées par Sylvie Lafuente Sampietro. Nous pourrons aussi poser toutes nos questions à cette occasion.
Ce sera un beau moment pour mieux comprendre notre lien à l'univers et  ce mandala complexe qu'est notre thème.


Puis nous aurons notre rendez-vous annuel avec l'astrologie mondiale le 8 décembre.
Comme chaque année, Sylvie Lafuente Sampietro nous aidera à comprendre les enjeux de l'année à venir.
Voici comment se présente l'année 2018 :


 « Lâcher prise au passé et construire l’avenir »

Cette conférence a pour objectif de vous permettre de mieux comprendre la mutation du monde et de nos sociétés à travers une prise de recul sur l’actualité et une compréhension des cycles que l’humanité vit. Elle est un apport personnel pour la gestion de votre année 2018, elle vous donnera des clefs pour saisir ce qui se passe dans votre vie et une prise de conscience des cycles qui sont à l’oeuvre. Comment lâcher le passé et s’ouvrir au présent ? A quels éléments devons-nous lâcher prise ? Comment organiser le nouveau monde qui émerge ?  Que nous faut-il saisir pour vivre au mieux les mutations en cours ?

En 2018, nous verrons éclore le fruit d’une gestation qui a lieu depuis 1993 (conjonction Neptune/Uranus). Il s’agit d’une vision politique, peut-être encore de l’ordre de l’utopie, mais qui pourrait nous amener à trouver un nouveau paradigme pour unifier l’idéal communautaire et la liberté individuelle, la collectivité et la créativité, le sentiment de communion et la vision du libre penseur. Ce temps du semicarré croissant d’Uranus à Neptune permet une émergence, il s’agit pour chacun d’oser aller de l’avant sans certitude et de se laisser explorer de nouveaux chemins. Cette poussée peut créer des tensions, des peurs et des conflits si nous restons figés dans les solutions du passé. Le semicarré décroissant de Jupiter à Saturne nous demande de lâcher prise par rapport à d’anciennes constructions d’ordre social ou personnel. Saturne en Capricorne et Uranus qui passe en Taureau, nous pousseront vers des solutions pragmatiques et concrètes. Il s’agit de structurer pas à pas le changement. Venez découvrir les enjeux de cette année 2018 pour pouvoir gérer vos décisions de vie en accord avec le rythme du cosmos.



Un beau programme pour cet automne et une année 2018 qui s'annonce riche de perspectives : de quoi nous motiver pour aller de l'avant !

Inscriptions : au local pendant les permanences Altaïr ou par mail : assoc.altair@gmail.com

dimanche 27 août 2017

Légende tibétaine

Recommençons en douceur et en restant dans le ciel avec une légende qui nous vient du Tibet.
Elle est racontée par Patrick Fishmann.
Les Bön proviennent d'une ancienne tradition spirituelle du Tibet, avant le bouddhisme.




Les larmes d'Avalokiteshvara

_ Tu m'as demandé pourquoi les Bön tâchaient de prévenir les événements en les déchiffrant dans le ciel ? je vais te répondre, te conter une histoire, j'ajouterai un secret, Bhuchung, pour fêter tes huit ans.
L'être humain baigne dans la vie du cosmos pris entre deux : d'un côté, le monde physique, les plantes, les animaux  et les êtres célestes; de l'autre, les divinités et les démons des sept royaumes. L'homme réside entre ces forces, ballotté par les orages, pris dans la bourrasque. Tout l'influence et il se laisse malmener. Il faut être un bouddha pour échapper au pouvoir des plaisirs et des peines. Ce monde propose un mélange d'agrément et de douleur. C'est une situation propice pour envisager la voie de l'éveil.
Les Bön se sont demandé s'ils pouvaient prévenir les invasions. Ils ont observé les états d'âme pour voir s'ils attiraient fortunes et calamités. Ils ont cherché à saisir la nature des êtres magiques pour les éviter, les attirer ou se les concilier. Enfin, ils ont médité sur la vie des grands êtres qui éclairent la voie.

Quand Maya vit en songe un éléphant blanc venir des montagnes, portant dans sa trompe un lotus, le roi convoqua les brahmanes astrologues afin d'interpréter le rêve. On attendit de leur prophétie un grand monarque ou un grand maître. Ainsi naquit Siddhârta Gautama, qui devint, comme tu le sais, le Bouddha.
On avait aussi prédit le retour de Shakyamuni. Emanant du cœur d'Amithaba, le bouddha de la compassion, apparut un petit garçon de ton âge, assis sur un lotus. Ce Guru Rinpotche, je t'en ai parlé. je t'ai dit pour le dalaï-lama, comme on l'avait cherché, puis trouvé. Comme ça, pour bien d'autres. Mais je t'ai promis un secret pour tes huit ans, alors voilà :
Tu sais que notre guide, Tchenrezi, est venu secourir et illuminer le Tibet. Moi, je le nomme Avalokiteshvara parce qu'on l'appelait comme ça, quand j'étais petit dans les montagnes. Comme il vit que tous les êtres de l'univers souffraient sur le sentier baigné d'étoiles, il versa deux larmes. Celle qui coula de son oeil droit devint Tara verte, tandis que la perle qui jaillit de son oeil gauche se transforma en Tara blanche. Tara veut dire étoile, elle est la compagne et la mère de tous les bouddhas. Dans son coeur bat la sonorité tam, verte, posée sur une lune. Belle, souriante, tara-étoile a seize ans, le teint des émeraudes et tient devant son coeur un lotus épanoui à  l'oreille. Elle donne naissance à l'idée d'éveil, le Dharma qui illumine tous les êtres comme la lumière du soleil et de la lune.




Tara est celle qui libère
Et protège les êtres
De toutes les peurs,
De toutes les souffrances,
Quelles qu'elles soient.
Pour elle, chacun est son enfant sur la voie. Il chevauche une montagne, à la fois fragile, fort, tel un perce-neige. Elle veille à ses côtés pour l'aider à traverser le Samsâra et dompter pacifiquement les puissances qui risquent de le faire tomber. Tu peux l'appeler, elle vient, elle veille à ce que les démons ne t'emportent pas. Chaque fois que tu auras besoin, elle te sauvera. Que tu l'imagines sous l'une de ses vingt et une apparences ou que tu la rencontres sous l'aspect d'une femme au coeur pur. C'est le secret, Bhushung, quelles que soient les influences, les forces à l'oeuvre, les raffuts provoqués par les démons, sur ton sentier baigné d'étoiles, ces deux larmes te porteront.




Dans mon village, on raconte qu'Avalokiteshvara fut jadis un singe de la vallée de Yarlung, que Tara-étoile-qui-sauve errait sous la forme d'un yeti. Ils s'étaient rencontrés, dit-on, pour finalement s'aimer et donner naissance à six enfants, les premiers hommes. Petit, sers-toi de ces images de notre folklore, crées-en de nouvelles, les moines ont parfois tendance à s'imaginer qu'une vie d'homme est préférable à une incarnation de femme ou qu'un singe est meilleur qu'un yeti. Tchenrezi sur le mont Potala a entonné dix millions de fois le mantra de Tara, à l'intention de tous les êtres. Chante avec lui l'étoile, bois les larmes qui éveillent et chevauche ta montagne, bon chemin et bon anniversaire Bhuchung !



dimanche 20 août 2017

Le ciel étoilé

La nuit étoilée : l'été est un moment privilégié pour l'observer et découvrir les étoiles, rêver, chercher les mondes lointains ou simplement admirer sa beauté.

Les tableaux de la nuit étoilée de Vincent van Gogh m'ont toujours paru étrangement lumineux et comme beaucoup d'autres, je me suis demandée ce qu'il cherchait en peignant cette nuit.
Et il semble qu'il ait été fasciné par les couleurs, les chatoiements et la lumière des étoiles plus que par une recherche mystique comme on a pu le croire.
Cette lettre à son frère montre bien le sens de son travail :




"Je veux maintenant absolument peindre un ciel étoilé. Souvent, il me semble que la nuit est encore plus richement colorée que le jour. Colorée des violets, des bleus et des verts des plus intenses.
Lorsque tu y feras attention, tu verras que certaines étoiles sont citronnées, d'autres ont des feux roses, verts, bleus, myosotis. Et, sans insister davantage, il est évident que pour peindre un ciel étoilé, il ne suffit point du tout de mettre des points blancs ou  noirs sur du ciel noir ou bleu.
Le ciel étoilé, peint la nuit-même sous un bec de gaz. Le ciel est bleu-vert, l'eau est bleu de roi, les terrains sont mauves, la ville est bleue et violette, le gaz est jaune et ses reflets sont or roux et descendent jusqu'au bronze-vert. Sur le champ bleu-vert du ciel, la grande ourse a un scintillement vert et rose dont la pâleur discrète contraste avec l'or brutal du gaz. Deux figurines colorées d'amoureux à l'avant-plan."



Sa description est une ode aux couleurs et à cette lumière particulière de la nuit. Et correspond parfaitement à ce que l'on ressent devant son tableau.
Il compare aussi les étoiles à des points sur une carte, des points de repère qui nous montrent le chemin vers chaque étoile, vers un voyage que l'on ne pourra entreprendre que lorsque nous serons morts. 

Lamartine aussi , avec tout son romantisme nous décrit l'arrivée du ciel nocturne. Elle est moins colorée que celle de Van Gogh mais très imagée !

"Alors ces globes d’or, ces îles de lumière, 
Que cherche par instinct la rêveuse paupière, 
Jaillissent par milliers de l’ombre qui s’enfuit, 
Comme une poudre d’or sur les pas de la nuit ; 
Et le souffle du soir qui vole sur sa trace 
Les sème en tourbillons dans le brillant espace. 
L’œil ébloui les cherche et les perd à la fois : 
Les uns semblent planer sur les cimes des bois, 
Tels qu’un céleste oiseau dont les rapides ailes 
Font jaillir, en s’ouvrant, des gerbes d’étincelles. 
D’autres en flots brillants s’étendent dans les airs, 
Comme un rocher blanchi de l’écume des mers ; 
Ceux-là, comme un coursier volant dans la carrière, 
Déroulent à longs plis leur flottante crinière ; 
Ceux-ci, sur l’horizon se penchant à demi, 
Semblent des yeux ouverts sur le monde endormi ; 
Tandis qu’aux bords du ciel de légères étoiles 
Voguent dans cet azur comme de blanches voiles 
Qui, revenant au port d’un rivage lointain, 
Brillent sur l’Océan aux rayons du matin." 





Lever la tête et contempler à notre façon ce spectacle offert par l'univers : pour ma part, je suis toujours partagée entre l'émerveillement de la découverte de tous ces mondes lointains qui s'allument sous nos yeux et le désir de les reconnaître, de les nommer pour les retrouver d'un jour à l'autre. Pouvoir me dire : oui, cette étoile est bien là, toujours présente et cette planète telle Saturne ou Jupiter la semaine dernière, m'accompagne lorsque je sors le soir sous la voûte céleste. L'émotion, elle, est toujours la même ...


mardi 8 août 2017

Découvrir ses racines en Ardèche


C'est toujours un moment fort de prendre une semaine pour se pencher sur soi. Fin juillet, grâce au stage d'astrologie en Ardèche, j'ai pu me retrouver dans cette situation et c'est toujours un grand bonheur, même si tous les moments ne sont pas que plaisir ! Car le thème de cette année, l'astro-psychogénéalogie n'était pas de tout repos !
Il nous fallait en effet découvrir de quel terreau se nourrissent nos racines, à travers notre thème natal, les informations dont nous disposions sur notre lignée d'origine et nos souvenirs d'enfance.
Notre semaine fut très dense, nous avons tous beaucoup découvert sur nous-mêmes à travers notre thème natal.
Nous sommes accueillis aux Jardins intérieurs, par Existence qui nous permet de passer une semaine tranquille, sans souci du quotidien, une semaine pour nous consacrer à l'astrologie et nous découvrir.
Avons-nous inquiété les participants aux autres stages, avec notre langage symbolique bien particulier ? Sans doute un peu mais nous avons essayé de leur expliquer ce qui nous animait et pourquoi nous sommes aussi passionnés par notre sujet.
Il faut dire que nos animateurs nous ont gâtées (oui, nous n'étions que des femmes !).
Sylvie Lafuente Sampietro, notre référence en astrologie sait interpréter nos problèmes et les traduire en solutions possibles, nous mettre sur la voie du sens d'un rêve fait dans la nuit et transformer un conflit qui s'installe en leçon pour comprendre l'objet de notre stage. Son enseignement nous permet à toutes de grandir en connaissance de nous-mêmes et des autres. Les haïkus inspirés, les musiques qui parlent à notre âme et les moments de méditation de Jean-Philippe Cand nous ont permis d'intégrer sans trop de douleur les souffrances et les tourments de nos vies pour les transformer. Et Eliane, notre fée est toujours là quand nous avons besoin d'une oreille ou d'une épaule, ou encore pour interpréter et traduire les éléments de notre thème. Bref, une équipe très complète.



Le contenu de l'enseignement, je vous en ai déjà parlé dans un précédent billet sur l'astro-psychogénéalogie.
Nous avons pu découvrir de quel type de famille nous sommes issus, la structure plutonienne liée au matriarcat, la structure neptunienne, liée au patriarcat ou la structure uranienne, liée au désir de liberté. Puis nous avons examiné les domaines de notre vie où se jouent les interactions entre notre famille, nos ancêtres et nous. Nous avons recherché les blocages et les empêchements d'avancer, nous avons tenté de comprendre ce que nous devions lâcher et cela nous a permis de terminer dans la joie car nos familles nous ont aussi légué la force de vivre et de transcender ces problèmes.

Le stage s'est ainsi terminé sous un soleil très chaud, et les au revoir à notre famille de cœur créée pendant cette semaine étaient emprunts de joie et d'amour.
Nous nous retrouverons certainement l'année prochaine autour d'un nouveau sujet, avec toujours autant de bonheur.

Pour témoin de cette belle atmosphère qui nous a guidés, je retranscris ici deux haïkus que Jean-Philippe m'a autorisée à partager avec vous :

Traverser ses peurs
Faire face aux vents contraires
Oser son propre chemin

S'ouvrir à l'infini
Espérer contre toute attente
Goûter la fraîcheur
De chaque instant

Jean-Philippe Cand


mardi 4 juillet 2017

Promesses de l'été

L'été s'installe, le rythme change et certains jours, la température monte...
Il est temps de se poser, pour profiter des jours qui viennent, s'abandonner à vivre simplement, s'émerveiller de chaque jour et prendre chaque instant avec joie. 




Puis en septembre, quand nous reprendrons le cours de l'année, il sera temps de nous intéresser aux projets que nous avons préparé dès ce début d'été. 
Nous vous proposerons de découvrir le ciel de notre thème astrologique à travers un objet étonnant : la sphère armillaire. Elle nous permettra de relier astronomie et astrologie. 
Ce bel objet inventé dans l'antiquité sera pour nous l'occasion de comprendre comment relier le ciel que nous observons depuis la terre à notre thème natal, projection en deux dimensions de ce ciel.


Nous aurons également notre rendez-vous annuel avec l'astrologie mondiale, moment très important pour comprendre les enjeux de notre monde.

Nous vous préparons ce programme pendant l'été et vous le retrouverez en septembre avec plus de détails et de rendez-vous.
En attendant, je vous souhaite de profiter pleinement de ces belles journées !
Je vous laisse avec Sensation, ce poème de Rimbaud cher à mon cœur.


Sensation

"Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme."

Arthur Rimbaud, Poésies

dimanche 25 juin 2017

Voyage au pays des sons




Vendredi soir, comme convenu, nous étions au rendez-vous pour le voyage sonore d'Alain Lafuente, un moment de musique très "originel". Nous avions installé la salle façon tente nomade avec des tapis au sol et les gongs et instruments d'Alain avaient été placés au milieu de la salle, chacun pouvant ainsi ressentir le voyage au plus près des sons, allongé ou assis. 
"Le voyage est un retour vers l'essentiel" dit un proverbe tibétain, et ce voyage sonore en est un bel exemple.

Ce voyage nous emmène très loin, vers nos paysages intérieurs comme nous le présentait Alain. Et ces paysages sont extrêmement variés comme nous avons pu le constater en partageant nos expériences après le spectacle.




De magnifiques sonorités qui nous emplissent, nous font vibrer, d'autres très fortes qui roulent en nous et nous submergent avant de nous rejeter sur le rivage, d'autres enfin nous conduisent dans des endroits plus paisibles vers lesquels nous laisser emporter par le rêve et l'imaginaire.

Pour moi, ce fut un voyage vers des contrées anciennes, inexplorées et sauvages, où l'homme doit se faire accepter par la nature et où il doit la comprendre pour rester en vie, un monde de retour aux sources de l'humanité. Ni terrifiant, ni paisible mais que l'on doit accepter et laisser s'exprimer.




Tous ces sons provoquent d'innombrables sensations, on en oublie le temps, qui s'étire ou raccourcit, et l'on peut dire que cette musique nous nettoie et nous procure une fraîcheur nouvelle.
Quand les sons s'éteignent, que le silence se fait, il est très différent du silence initial, très dense et tous les bruits ont pris une autre saveur.

Un temps d'atterrissage plus tard, nous avons pu partager un apéritif joyeux et plein de chaleur (pas seulement grâce aux 30° de la température !), admirer les gongs, partager nos expériences et repartir heureux de cette superbe aventure en rêvant aux prochaines qui nous attendent...



dimanche 18 juin 2017

Karma

Nous parlons souvent du karma mais souvent sans savoir ce qui se cache vraiment derrière ce mot. 
Le texte que voici, écrit par Matthieu Ricard éclaire cette notion et la loi de causalité enseignée par les bouddhistes.




"Quand nous lançons un caillou en l'air, nous ne  devons pas nous étonner qu'il nous retombe sur la tête. De même, lorsqu'on a commis un acte, quel qu'il soit, on ne peut que s'attendre à ce que, tôt ou tard, il produise un effet. Si l'on souhaite s'affranchir de la souffrance, il est donc logique qu'il faille accomplir certains actes, et en éviter d'autres. La loi de causalité des actes est le fondement même des enseignements du Bouddha, lui qui déclara :

Éviter le moindre acte nuisible
Accomplir parfaitement le bien
Et maîtriser son esprit
Voilà l'enseignement du Bouddha.

Tous les phénomènes résultent du concours d'une infinité de causes et de conditions en perpétuel changement. Comme l'arc-en-ciel qui surgit quand le soleil brille sur un rideau de pluie et s'évanouit dès lors que disparait l'un des facteurs contribuant à sa formation, les phénomènes ne surviennent que par interdépendance et sont donc dénués d'existence autonome et permanente.
Si les phénomènes se conditionnent mutuellement en un vaste processus dynamique et créateur, rien ne surgit, en revanche, de façon arbitraire, et la loi de causalité opère inéluctablement.
Le karma, qui désigne à la fois les actes et leurs effets, est un aspect particulier de cette loi de causalité. C'est lui qui détermine notre lot de bonheurs et de souffrances. Autrement dit, nous subissons les conséquences de nos comportements passés, de même que nous sommes les architectes de nos vies futures.
Dans cette optique, notre destinée ne dépend donc pas d'une puissance extérieure, une volonté divine par exemple. Elle est le fruit de nos actes. On ne récolte que ce que l'on a semé, et rien ni personne ne contraint un individu à renaître de telle ou telle façon, si ce n'est le pouvoir de ses actes.
Par "actes", on n'entend pas seulement les comportements physiques, mais également les paroles  et les pensées qui, elles aussi, peuvent être bénéfiques,neutres ou nuisibles.Bien et mal ne sont pas des valeurs absolues. Une conduite est considérée comme "bonne " ou "mauvaise" en fonction de l'intention, altruiste ou malveillante, qui la sous-tend, ainsi que de ses conséquences : le bonheur ou le malheur pour soi ou pour autrui. A chaque instant de notre vie, nous récoltons les conséquences de notre passé et façonnons notre futur par des pensées, des paroles et des actes nouveaux. Ces derniers sont comme des graines qui, une fois semées, produisent le fruit bénéfique ou nuisible qui leur correspond.



Vues sous cet angle, les souffrances dont nous ne sommes apparemment pas responsables _ le mal que nous font les autres, _ ne sont dues ni à une volonté divine ni à une fatalité inéluctable, pas davantage qu'à un pur hasard. Ce sont des flèches que nous aurions tirées un jour en l'air, puis oubliées, et qui reviendraient sur nous. Cette vision des choses peut paraître déconcertante à un Occidental, surtout si on l'applique à un être innocent qui souffre, ou à un homme foncièrement bon dont la vie n'est qu'une perpétuelle tragédie. Il faut comprendre que selon le bouddhisme, chaque être est le résultat d'un ensemble complexe de causes et de conditions, de bonnes et de mauvaises graines semées dans le passé, et c'est cette combinaison de facteurs multiples qui se manifeste, graduellement et chacune en son temps, au cours de nos vies. Le fait d'en prendre conscience permet d'adopter une attitude plus responsable. Elle nous évite, par exemple, de blâmer les autres pour ce qui nous arrive de déplaisant.
Ne pas se révolter contre ce qui nous échoit par la nature des choses ne signifie pas être fataliste. Nous avons toujours la possibilité de tirer le meilleur parti d'une situation défavorable, quelle qu'elle soit. A nous de décider ce que nous devons faire ou ne pas faire pour construire notre bonheur futur et ne plus engendrer des causes de souffrance.
Comprenant que les actes nuisibles conduisent à tous les maux qui nous affligent,_ nous-mêmes et autrui_, et que les actes bénéfiques engendrent le bonheur, libre à nous d'agir avec discernement. Comme on dit : "Tant que l'on garde sa main dans le feu, il est vain  d'espérer échapper à la brûlure." Pour conclure, nous ne récoltons ni "récompense" ni "punition" : ce qui nous arrive obéit simplement à la loi de la causalité."
Matthieu Ricard dans Chemins spirituels - Petite anthologie des plus beaux textes tibétains


dimanche 11 juin 2017

Notes de chevet

Je me souviens d'avoir joué, lorsque j'étais  jeune, à faire des listes de : j'aime et je n'aime pas. C'était amusant de faire se côtoyer des sensations et des événements qui n'avaient rien à voir entre eux et de se dévoiler ainsi, juste un peu... Mais ce  plaisir des listes est très ancien.




Dans les Notes de chevet de la japonaise Sei Shonagon, ce jeu rejoint la poésie et nous dépayse complètement avec cependant un air de familiarité bien déroutant. Car Sei Shonagon vivait au XIe siècle, elle était dame d'honneur à la cour d'une princesse et ces notes de chevet sont comme une manière de nous faire partager simplement son quotidien avec grâce et raffinement.
Voici donc un extrait qui nous emporte bien loin, dans l'espace et le temps mais les choses humaines sont universelles ...




Choses désolantes :
Un chien qui aboie pendant le jour,
Une nasse à poissons au printemps,
Un vêtement couleur de prunier rouge au troisième ou quatrième mois, 
Une chambre d'accouchement où le bébé est mort,
Un brasier sans feu, 
Un conducteur qui déteste son bœuf,
Un savant docteur à qui naissent continuellement des filles.

Choses peu rassurantes :
La mère d'un bonze qui est parti pour douze ans vivre en reclus dans la montagne,
On arrive à la tombée de la nuit dans une maison où l'on n'a pas l'habitude d'aller,
Comme on ne se soucie pas de se mette en évidence, on ne fait pas de lumière,
On va pouvoir s'asseoir à côté des gens qui sont là sans les connaître.
Un bébé qui ne parle pas encore se renverse à l'arrière et crie en se débattant si quelqu'un veut le prendre dans ses bras.
Manger les fraises dans l'obscurité.
Un fête où l'on ne connait personne.

Choses qui font battre le cœur :
Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Passer devant un endroit où l'on fait jouer de petits enfants.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d'encens.
Se laver les cheveux, faire sa toilette, et mettre des habits tout embaumés de parfum.
Même quand personne ne vous voit, on se sent heureux au fond du cœur.





dimanche 4 juin 2017

Musique pour s'évader

Le 23 juin, nous avons convié Alain Lafuente au local d'astrologie. Il nous propose un voyage sonore.
L'idée nous a intrigués et ce concept de partir avec lui dans un voyage vers l'univers des sons puis l'univers tout court nous a paru une bonne introduction à l'été.
Il faut dire que nous savons ce que peut faire Alain Lafuente avec ses gongs et percussions. Il nous avait déjà régalés de ses festins impromptus qui nous avaient entraînés vers les étoiles.
Cette fois, il nous promet un bain de sons d'une grande variété :




"Immergés dans les vibrations des gongs, vous êtes invités à un voyage où votre imagination (active) vous mènera vers les lointains intérieurs chers à Henri Michaux.
Ce bain de sons d'une grande variété est une expérience sensorielle forte, comme un retour à la source dans des paysages intérieurs, des espaces vastes et sereins.
Une sanza (piano à pouces) augmentée d'effets numériques prolonge les nombreuses sonorités des gongs et ouvre encore l'imaginaire."

Henri Michaux, le voici dans un de ses poèmes extrait de Lointain intérieur :


Penser, vivre, mer peu distincte ;
Moi — ça — tremble,
Infini incessamment qui tressaille.

Ombres de mondes infimes,
ombres d’ombres,
cendres d’ailes.

Pensées à la nage merveilleuse,
qui glissez en nous, entre nous, loin de nous,
loin de nous éclairer, loin de rien pénétrer ;

étrangères en nos maisons,
toujours à colporter,
poussières pour nous distraire et nous éparpiller la vie.





Pour ce spectacle, vous pourrez être soit couchés soit assis. Vous pouvez donc apporter un coussin et/ou une couverture pour être confortable et vous laisser emporter par le voyage.

Soirée organisée le 23 juin au local d'astrologie, 1, rue Expilly  38 000 GRENOBLE, à partir de 19h00. A l'issue du spectacle, nous pourrons partager un verre avant de retrouver le monde réel...
Entrée : 10€. Il nous reste encore quelques places.Réservations sur : assoc.altair@gmail.com

dimanche 28 mai 2017

Anecdotes jupitériennes

On entend beaucoup parler de Jupiter ces temps-ci : une présidence jupitérienne, la sonde Juno qui passe au plus près de la planète géante.
Prolongeons donc ce thème avec quelques histoires jupitériennes.




Dans la mythologie romaine, Jupiter (comme Zeus dans la mythologie grecque) a survécu à sa naissance parce que Gaïa, la terre, en a eu assez que Saturne engloutisse tous ses enfants à la naissance. 
Elle a donc monté une équipe qui va prendre le dernier-né et le cacher : il s’agit de Jupiter. Ils prennent  une pierre, l’entourent d’un linge et la donnent à manger à Cronos (ou Saturne). Celui-ci ne voit pas la différence et avale le tout  puis continue à régner. 
Mais Jupiter grandit. Il sera appelé père des dieux et des hommes. Il va se dire en grandissant qu’il faut qu’il arrive à tuer Saturne, son père qui mange tous ses frères et soeurs. Il a besoin d’aide et il va former une communauté. Pour vaincre Saturne, il va se faire aider par tous ses frères et sœurs, et la guerre va être longue. Il est aussi aidé par les premiers dieux, On lui donne le foudre et des instruments pour se battre. Finalement, Jupiter va tuer Saturne et se retrouver au sommet de l’Olympe et donc régner sur les immortels et les mortels. 
 Pourquoi Jupiter/Zeus est-il appelé père des hommes ? D’une part parce qu’il va faire vomir tous ses frères et sœurs à Saturne, pour faire ressortir tout le monde et créer une communauté humaine ou plutôt divine. Mais il ne le fait pas seul : c’est le premier qui s’allie avec d’autres hommes. Puis, quand il est au pouvoir, il partage le monde et ne prend pas tout le pouvoir pour lui. Il va prendre le ciel en souvenir de son grand-père Ouranos. Il va donner à Poséidon la mer, à Hadès le monde souterrain. Et il va s’unir à des immortelles, mais aussi à des mortelles, ce qui donnera des demi-dieux. Il va donc faire le lien avec nous, les mortels. 




En astronomie, Jupiter est la cinquième planète du système solaire, visible à l'oeil nu dans le ciel et c'est une géante gazeuse encore très énigmatique. Pour lever un peu les énigmes, la sonde Juno arrive dans les parages de la planète pour nous apporter des images.
En analysant les données récoltées, les scientifiques y ont détecté de gigantesques ouragans sur ses pôles et effectué des observations inédites sur l'atmosphère et l'intérieur de la plus grande planète du système solaire.
Jupiter apparaît comme "un monde complexe, gigantesque et turbulent", très différent de ce que les scientifiques imaginaient, a expliqué la NASA, en commentant deux des premières études  effectuées avec les données transmises par Juno et publiées ce jeudi 25 mai dans la revue Science.

"Il se passe tellement de choses et nous ne pensions pas que nous aurions à repenser entièrement notre façon de voir Jupiter", a résumé Scott Bolton, le responsable scientifique de la mission destinée à percer les secrets de la planète gazeuse géante, lors d'une conférence de presse téléphonique. 
Laissons donc le temps aux scientifiques de mieux la comprendre.




En astrologie, Jupiter nous parle de socialisation, de confiance en la vie et de place dans la société.  
Dans la société justement, nous avons un dieu très puissant aujourd’hui, c’est l’obsession du profit. Et c’est Jupiter dans ses niveaux les plus bas: avoir plus, toujours plus et en premier niveau avoir plus d’argent. Cette obsession du profit nous met dans toutes sortes de situations : je veux une augmentation de salaire, je veux plus de confort. Nous voulons toujours plus et toute notre société est prise  dans ce message que le bonheur, c’est d’avoir de l’argent, de pouvoir se payer tout ce qu’on veut, comme si cela pouvait rendre heureux. En réalité ça ne marche pas vraiment. On peut avoir beaucoup d’argent et être très malheureux. Et cette obsession du profit touche le monde entier.
Mais Jupiter le dieu de la mythologie a gagné sa bataille contre son père et il l'a gagnée en s’alliant. A un autre niveau, Jupiter est ce sens de l’intégration sociale, car nous sommes une communauté. Et dans toute entreprise, dans toute administration, dans tout lieu, la question d’une communauté d’humains est primordiale : l’homme ne s’en n’est jamais sorti seul.
Jupiter c’est aussi avoir confiance en soi, en la vie, en l’abondance. Jupiter, c’est l’inverse de la peur de perdre. Souvent dans la vie on pense que si on quitte une situation on va tout perdre mais c’est faux : au carrefour suivant, on rencontre beaucoup. Jupiter est cette force de l’abondance de la vie : la nature est remarquablement abondante, elle nous donne à manger. L’un des messages de Jupiter c’est cette confiance dans le fait que les choses se renouvellent, qu’on retrouve de  la vie et tout ce qui est nécessaire.
Acquérir des connaissances est un autre niveau de richesse. Dans notre société et de plus en plus dans le monde entier, nous avons la possibilité de connaître énormément de choses.
Et si nous sommes intégrés à la communauté des hommes, nous avons tous les jours des enrichissements par échange. Tous les jours, nous avons l'occasion de partager avec notre entourage. L'échange, l'enrichissement social se font en permanence et ne sont  pas nécessairement financiers. 

Et le président jupitérien ? Tout d'abord, Jupiter est très présent dans le thème d'Emmanuel Macron. Et s'il s'agit de nous redonner confiance, de s'allier avec d'autres pour faire avancer les choses, comme nous venons de le voir, nous pourrons sans doute mieux accepter qu'il se place au-dessus de la mêlée.



Jupiter a beaucoup à nous dire et ces quelques éléments n'en sont qu'une infime partie !

Mes sources pour la mythologie : Hesiode et Theodore de Sicile, pour l'astronomie : l'article du Huffington post sur Jupiter du 26/05, pour l'astrologie : les conférences de Sylvie Lafuente Sampietro.

dimanche 21 mai 2017

La conscience



De ce poème, je n'ai longtemps retenu que les deux premiers vers que ma mère récitait dans les temps difficiles et le dernier, qui est devenu une sorte de proverbe et qui nous faisait peur lorsque nous étions enfants. Redécouvrir le poème dans son intégralité me fait l'effet d'une légende ancienne. Dans cette légende racontée dans la Bible, Caïn tue son frère Abel par jalousie, puis il est condamné à errer sur la terre. L'histoire devient pour Victor Hugo celle d'une obsession. Et comme à son habitude, il nous emporte avec toute son énergie dans la quête de Caïn pour échapper à sa conscience, quête qui sera vaine puisque même la mort ne suffira pas pour lui échapper.




La conscience

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes
L'oeil à la même place au fond de l'horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l'on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l'enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l'aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d'Enos et les enfants de Seth ;
Et l'on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d'enfer ;
L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L'oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : " Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.



dimanche 14 mai 2017

Des clartés qui renaissent


Que nous dit notre mémoire qui pourrait nous donner la force de l'espérance ?
Bien sûr, c'est grâce à la poésie que nous pouvons sentir ce passage de la haine et du repli sur soi vers l'espoir d'un monde possible qui soit meilleur et porteur de clarté.





"Ce n'est pas le temps qui opprime
Ni l'écorce de chair bouclant nos fugitives vies
Mais la haine scindant les vivants en ennemis.
...
Vêtus des dépouilles de l'histoire,
Nous marchons à reculons sur les chemins effondrés
Rapiéçant les archives de la mémoire,
Replâtrant les légendes.
Nous hissons nos mythes rancis
Sur des socles figés."
Andrée Chedid




"Nous avons appris à voler à travers les airs comme des oiseaux, et à nager à travers les mers comme des poissons, mais nous n'avons toujours pas appris l'art simple de vivre ensemble comme des frères."
Martin Luther King

"Pourtant, l'espoir serpente à travers nos sols

Pétri d'ombres et de lueurs
L'espoir bifurque puis s'élève vers les soleils à venir."
Andrée Chedid

"C'est l'espoir qui donne son sens à la vie. et l'espoir se fonde sur la perspective de pouvoir, un jour, transformer le monde présent  en un monde possible qui parait meilleur."
François Jacob




Terminons avec le beau poème d'espérance d'Andrée Chedid :

J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie

Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits

Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries

Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir

J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur
J’adopte toute l’espérance
En son esprit frondeur.

Andrée Chedid


Cet article est illustré de tableaux de Mondrian. Les citations m'ont été inspirées par Jean-Claude Ameisen.