dimanche 23 avril 2017

Trois brins de sagesse

La sagesse ?




Les définitions en sont nombreuses et il n'existe pas une sagesse comme le dit Marguerite Yourcenar : "Il y a plus d'une sagesse, et toutes sont nécessaires au monde. Il n'est pas mauvais qu'elles alternent."

Pour Jung, c'est l'individuation qui peut nous conduire à la sagesse.





"Le travail d'être individué, pour Jung, c’est être un individu à part entière,  un individu qui connait conscient et inconscient,  un individu qui va pouvoir garder une position éthique personnelle face aux mouvements de l’inconscient, de la foule, face à l’agitation générale. 
 Etre individué, c’est être clair, conscient de ce qui est en train de se passer et donc  responsable de sa position, au moins individuelle, par rapport au collectif. Le but n’est donc pas d’être centré sur soi mais d’être centré sur le Soi. La notion du Soi (ou du sujet si l’on est plus lacanien), c’est la globalité entre conscient et inconscient, la conscience de ce que je suis moi en tant que personnalité et de comment ce moi est pris dans quelque chose de beaucoup plus vaste. Nous sommes quelque part entre conscient et inconscient, dans ce lien établi par le Soi."  Sylvie Lafuente Sampietro

Si je veux aller vers la "sagesse" selon le processus d'individuation, je dois me demander pour chaque action : est-ce que cela a du sens pour moi ?. Est-ce que cela correspond à mon éthique ? Alors, si je réponds oui, j'ai la liberté d'agir.

Mais pour y parvenir, il faut un déconditionnement social, il faut avoir son propre conditionnement.
Ce type de sagesse est tout sauf tranquille, cela apporte des dangers mais elle ouvre un espace vers le ciel intérieur.



"Les philosophes se sont toujours tenus le plus éloignés de ce que le peuple entend par sagesse... de cette prudente tranquillité de l'âme avachie, de cette piété et de cette douceur de pasteur de campagne qui s'étend dans un pré et qui assiste au spectacle de la vie en ruminant d'un air sérieux." Nietzsche Le gai savoir




Et la sagesse n'est qu'un désir, pas une fin en soi :
"Ce qui est important, nous dit Socrate, ce n'est pas du tout d'être sage,, mais d'avoir le désir ardent de l'être."Fabrice Midal

Et pour terminer, que serait la sagesse sans l'amour, l'amour qui nous relie aux autres et à l'univers ?
"La vie peut être plus belle que ne le consentent les hommes. La sagesse n'est pas dans la raison, mais dans l'amour." André Gide






dimanche 16 avril 2017

Le programme de l'oiseau



Pour fêter le printemps et le temps des élections, voici un extrait du poème de Jacques Prévert (nous célébrons cette année les 40 ans de sa disparition) : "Salut l'oiseau", en quelque sorte un programme politique !

"Je te salue

oiseau marrant

oiseau rieur

et je m'allume

en ton honneur

et je me consume

en chair et en os

et en feu d'artifice

Je te salue

oiseau des paresseux

oiseau des enfants amoureux

Je te salue

oiseau viril





Je te salue

oiseau des villes

Je te salue

oiseau des Blancs-Manteaux

oiseau des Roi-de-Sicile

oiseau des sous-sols

oiseau des égoutiers

oiseau des charbonniers et des chiffonniers

oiseau des casquettiers de la rue des Rosiers

Je te salue

oiseau des vérités premières

oiseau de la parole donnée

oiseau des secrets bien gardés

Je te salue

oiseau du pavé

oiseau des prolétaires

oiseau du Premier Mai

Je te salue

oiseau civil

oiseau du bâtiment

oiseau des hauts fourneaux et des hommes vivants





Je te salue

oiseau des femmes de ménage

oiseau des bonshommes de neige

oiseau du soleil d'hiver

oiseau des Enfants Assistés

Je te salue

oiseau des jeux de mots

oiseau des jeux de mains

oiseau des jeux de vilains

Je te salue

oiseau de la cloche

oiseau de la misère

oiseau de la lumière coupée

Je te salue

Phénix fort

et je te nomme

Président de la vraie république des oiseaux"







lundi 10 avril 2017

Astro-psychogénéalogie



Vendredi dernier, nous étions une quarantaine de personnes réunies autour de ce sujet : l'astro-psychogénéalogie. Un atelier de trois heures ne permet pas de faire le tour d'une matière aussi vaste mais cependant, il nous a permis de découvrir comment se manifeste dans notre vie l'astro-psychogénéalogie à travers les structures familiales.
Pour cela, chacun dispose de son thème natal et Sylvie Lafuente Sampietro nous aide à y lire les informations que nous cherchons. Nous pouvons ainsi directement comprendre l'impact dans nos vies du sujet du jour.



Mais qu'est-ce que la psychogénéalogie ?
C'est une méthode psychanalytique qui consiste à rechercher dans le vécu de nos ancêtres les sources de nos troubles psychologiques, comportements étranges, maladies actuelles.  L'objectif principal est de repérer ce qui a pu se transmettre d'une génération à l'autre et de s'en libérer.
L'astrologie offre un apport considérable pour saisir le lien entre notre vécu personnel et l'histoire familiale et ancestrale, d'où l'intérêt de l'astro-psychogénéalogie. Car nous pouvons lire dans notre thème ce que nos ancêtres nous ont légué.

Il n'était pas possible en une soirée de faire le tour de ce domaine mais nous avons abordé une partie très importante : l'étude des structures familiales. Nous avons donc découvert les types de structures familiales, puis recherché dans nos thèmes celle (s) qui nous concernent.
Le but de cette étude : devenir conscients pour ne plus être le jouet d'un système qui se reproduit à travers nous sans que nous en soyons conscients.
La découverte de ces structures dans lesquelles nous vivons souvent dans l'inconscience est généralement une révélation. Nous réalisons alors que notre famille est prise dans un système et que les accusations, ressentiments et colères contre des membres de la famille n'ont aucun intérêt puisque chacun est le jouet de la structure. Il s'agit de comprendre ce qui se joue et ne plus se laisser conduire par le système.



A la base de la psychogénéalogie, on trouve la théorie de Jung sur l'inconscient collectif et les archétypes.« L’homme est constitué d’un conscient, dont le Moi est le sujet, d’un inconscient personnel à base de complexes, avec tous les éléments refoulés du conscient, d’un inconscient collectif à base d’archétypes, commun à toute l’humanité et origine de toutes les grandes images mythiques. »

Dans l’humanité, nous partageons tous des archétypes. Jung nous a introduits à cette vision: notre partie consciente est une toute petite partie qui nage sur un grand inconscient qu’on appelle l’inconscient collectif. Les archétypes nous fondent, ils fondent notre fonctionnement et notre psyché. Nous en sommes la plupart du temps inconscients, mais ils nous animent, ils se manifestent à travers nous et généralement de façon spontanée, naturelle et sans que nous puissions y mettre notre conscience.
Puisque nous sommes globalement assez inconscients dans l’humanité de cette fondation sur les archétypes, il va très souvent nous manquer une canalisation ou une difficulté à voir ce qui agit à travers nous pour grandir en conscience.




La découverte de 3 structures : plutonienne ou matriarcale, neptunienne ou patriarcale et uranienne ou adepte de la liberté, nous a donc mis sur la voie de la conscience et de la transformation, pour arrêter de répondre à des schémas parfois très difficiles à vivre et dont nous ne parvenons pas toujours à nous défaire.

A travers la connaissance des structures familiales, souvent vécues dans l'inconscience, nous pouvons accéder à un vécu plus subtil nous permettant de nous épanouir individuellement. Lorsqu'on a fait évoluer notre système, les relations peuvent être différentes, le vécu plus adapté à nos désirs et cela vaut pour notre famille mais aussi pour nos enfants et tous nos descendants.


Cet atelier était donc passionnant : nous sommes sortis plus lucides sur ce qui se joue dans nos familles et interpellés par la richesse des informations que peut nous fournir notre thème natal.


dimanche 2 avril 2017

Souvenirs



Convoquons nos souvenirs. Ils nous reviennent soudain, au détour d'un événement du présent, et nous pouvons aussi les rechercher, les revivre. Mais bien sûr, ce sont des souvenirs, ils ne sont que des traces de ce que nous avons vécu, relues à la lumière de notre histoire.
Voici un extrait du livre de Gao Xingjian  (Le livre d'un homme seul), dans lequel il se remémore son enfance et son ancienne vie, avant la révolution culturelle, qui a complètement bouleversé les vies de toute sa génération. Gao Xingjian est écrivain, dramaturge, metteur en scène et peintre. Il est devenu français après avoir été rejeté par son pays, la Chine. Il a aussi reçu le prix Nobel de littérature. C'est Jean-Claude Ameisen qui m'a remis en mémoire ce livre et les citations qui suivent.



"Il n'a pas oublié qu'il a eu une autre vie.
le souvenir d'une vieille photographie jaunie restée à son domicile, épargnée par le feu, éveille en lui la tristesse mais elle est trop lointaine, comme si cette vie s'était écoulée, comme si elle avait disparu à jamais.
Dans son logement de Pékin où la police a posé les scellés, se trouvait encore une photo de la famille réunie. La photographie avait été prise devant la porte ronde d'un jardin  rempli de chrysanthèmes jaune d'or et de crêtes de coq pourpres. La lumière du soleil d'été resplendissait. C'était en tous cas le souvenir qu'il avait de ce jardin mais sur la photographie, des traces d'eau avaient rendu le jardin  gris-jaune.
Quand il vivait encore en Chine, il était repassé une fois dans cette ville et avait cherché cette cour située derrière la banque où travaillait son père. Mais, lorsqu'il avait demandé aux gens qui entraient et sortaient de ces immeubles si une telle cour avait existé dans le passé, personne n'en savait rien. Pourtant, il se souvenait de la porte arrière de cette maison.
Un  lac s'étalait au pied des marches de pierre et le jour de la fête du dragon, son père et ses collègues s'y pressaient pour admirer les courses de bateaux-dragon, décorés de guirlandes, à bord desquels on frappait tambours et gongs.
Ils s'approchaient de la porte arrière des maisons pour attraper, à l'aide de perches en bambou, des sachets rouges dans lesquels il y avait de l'argent. Ses deux oncles et sa petite tante l'emmenaient aussi en bateau ramasser des châtaignes d'eau, toutes fraîches. Mais il n'était jamais allé sur la rive opposée, et aussi loin  qu'il pouvait porter son regard de l'autre côté du lac, il n'arrivait pas à en ramener une image dans son souvenir.
Sa vie avant l'âge de dix ans lui apparaissait à présent comme un rêve. Sa vie-même au cours de son enfance, lui apparaissait comme un rêve."



"Je ne rends pas souvent visite à la mémoire et elle me surprend toujours. Quand je descends à la cave avec une lampe, il me semble qu'un tremblement de terre gronde à nouveau sur les marches étroites, la lampe fume, je ne peux pas revenir sur mes pas, et je prie, comme si je demandais grâce. Mais là, c'est sombre et tranquille. Il est trop tard, quelle malchance ! Il m'est interdit d'apparaître où que ce soit, mais je touche les tableaux sur les murs, et je me réchauffe auprès de la cheminée.
Quelle merveille ! A travers ces vapeurs, cette fumée, deux émeraudes vertes lancèrent un éclair et le chat a miaulé. Bon, allons, rentrons à la maison. Mais où est ma maison, et où est ma raison ?"
Gao Xingjian  (Le livre d'un homme seul)

En lisant ce livre, je n'ai pu m'empêcher de repenser à ma propre jeunesse, lorsque nous étions adeptes de Mao et de son petit livre rouge, ignorant alors ce que cette révolution culturelle coûtait  aux chinois...
Mais la mémoire est souvent douceur et souvenirs qui nous rapprochent de notre âme, notre âme d'enfant, notre âme de poète...
"La mémoire entrouverte signale une fraîche prairie des temps anciens. La réveiller, solliciter ses promesses, retrouver mon âme douce, ma confiance."
"De la mémoire, il ne monte qu'une poussière vague et un parfum : serait-ce cela la poésie ?"
Ida Vitale



Retrouver son âme, c'est aussi rassembler ses souvenirs en un ensemble qui nous fait exister, avec ce que nous étions, qui nous a permis de devenir ce que nous sommes. Nous découvrons aussi à quel point notre mémoire est complexe, à quel point cette complexité peut être source de fragilité, mais aussi de richesse et de créativité.


«Mon âme est comme un orchestre caché ;
je ne sais pas quels instruments vibrent et jouent en moi,
cordes et harpes, timbales et tambourins.
Je ne peux me connaître qu'en tant que symphonie.»
Fernando Pessoa. ("Le livre de l'intranquillité")

dimanche 26 mars 2017

Programme de printemps

Avec l'arrivée du printemps, voici notre nouveau programme !
Nous l'avons préparé pour qu'il soit coloré et vivant comme le printemps;

Le 7 avril, nous découvrirons l'astro-psychogénéalogie avec un atelier interactif présenté par Sylvie Lafuente Sampietro.
Un atelier qui nous permettra d'utiliser notre propre thème natal et de comprendre ce que l'astrologie peut nous apporter. En voici la présentation faite par Sylvie Lafuente Sampietro : 


"Lors de cet atelier, Sylvie Lafuente Sampietro nous guidera pour découvrir dans notre thème astrologique les injonctions en provenance de notre famille et de nos ancêtres.
Que perpétuons-nous de notre lignée ?
Nous verrons comment les structures familiales, issues des archétypes collectifs, conditionnent notre vécu du couple et de la famille. Nous découvrirons les organisations familiales liées à Pluton, Neptune et Uranus et comment les conscientiser et les transformer."
Cet atelier est ouvert à tous publics.
Si vous connaissez déjà l'astrologie, prenez votre thème natal avec vous. Autrement, merci de nous transmettre votre date, heure et lieu de naissance ( avec N° de département) au moment de l'inscription (coût du montage du thème : 2 €)

Ce sera le 7 avril de 19h00 à 22h00 au local d'astrologie.
Vous pouvez encore réserver ( tarif : 30 €) mais il ne reste que 2 places : il faut donc faire vite !



Nous partirons ensuite explorer les étoiles, en espérant bénéficier d'un ciel clément mais au printemps, nous avons plus de chances de trouver un ciel dégagé qu'en hiver !

Ce sera le 14 ou le 28 avril. Il faut s'inscrire par avance sur notre messagerie pour pouvoir être contacté lorsque la soirée sera organisée. 



Nous pourrons également nous évader le 23 juin. Alain Lafuente nous proposera un voyage sonore qui nous emportera loin de notre monde. Ses gongs et autres sanza nous conduiront vers des univers sonores inconnus.
Voici la présentation d'Alain Lafuente pour son voyage sonore :

"Immergés dans les vibrations des gongs, vous êtes invités à un voyage où votre imagination (active) vous mènera vers ces lointains intérieurs chers à Henri Michaux. Ce bain de sons d'une grande variété est une expérience sensorielle forte, comme un retour à la source dans des paysages intérieurs, des espaces vastes et sereins.
Une sanza (piano à pouces) augmentée d'effets numériques prolonge les nombreuses 
sonorités des gongs et ouvre encore l'imaginaire.

Vous pourrez être soit couchés, soit assis pendant le concert, prévoyez un coussin pour être confortable. Des tapis seront disponibles pour s’étendre, des coussins et des chaises pour s’asseoir. Et si vous voulez apporter le(s) vôtre(s), bienvenue!"




 Cette soirée commencera à 19h00. Le nombre de places est limité et il faudra réserver à l'avance par l'intermédiaire de notre adresse mail. Ce voyage sera une bonne introduction à l'été et au temps des vacances.
Nous vous attendons pour partager ces beaux moments !



"Quelque chose est caché.
Va et trouve-le.
Va et regarde au-delà
des montagnes.
Quelque chose est perdu
derrière les montagnes.
Perdu et qui t'attend. Va !"
Rudyard Kipling

Je vous rappelle notre adresse mail pour vous inscrire : assoc.altair@gmail.com

dimanche 19 mars 2017

Les mortels




Revoici Gilgamesh. Je vous avais déjà raconté son histoire, la plus ancienne histoire écrite que nous ayons retrouvée. L'épopée de Gilagamesh nous est parvenue sur des tablettes d'argile, recouvertes d'écriture cunéiforme. Ces tablettes datent de 2000 ans avant Jesus-Christ, et viennent de Mésopotamie. C'est un voyage aux confins du monde, à travers l'espace, pour trouver le moyen de poursuivre le voyage à travers le temps. La quête de la vie sans fin pour lui qui ouvrit les passes des montagnes, creusa des puits sur la nuque des monts, passa la mer, la mer immense, jusque-là d'où sort le soleil au matin, et explora l'univers entier en quête de la vie sans fin.




L'épopée raconte la vie légendaire de Gilgamesh. Elle raconte ses exploits dans la ville d'Uruk avec son ami Enkidu, ses voyages, puis la mort d'Enkidu.
La suite nous est racontée cette fois par Jean-Claude Ameisen :
"Gilgamesh a vu mourir son ami Enkidu qui avait partagé ses exploits et soudain Gilagmesh a peur de mourir. Alors il entreprend un long et périlleux périple aux confins du monde, à l'extrême orient du monde, à la recherche d'Utanapishtî, l'homme qui, avec son épouse, a survécu au déluge en construisant une arche. Et à la fin du déluge, le dieu Enlil a rendu immortels Utanapishtî et son épouse en leur donnant la vie sans fin. Et Utanapishtî révèle à Gilagamesh qu'il pourra peut-être lui aussi obtenir la vie sans fin s'il parvient, après son immense périple, à rester éveillé, à ne pas dormir pendant six jours et sept nuits d'affilée. Mais Gilgamesh était à peine assis, accroupi, que le sommeil l'enveloppa comme un brouillard. Et ainsi échoua la longue quête de Gilgamesh.
"Que faire Utanapishtî, demande Gilgameh ? Où me tourner ? Où que je porte mes pas m'attend partout la mort."




Alors Utanapishtî le lointain dit : Gilgamesh, tu es venu jusqu'ici à grand peine et fatigue. Je vais te révéler un mystère et te communiquer un secret des dieux. Il s'agit d'une plante. Si tu arrives à t'en emparer, tu auras trouvé la vie prolongée. Ce n'est plus la vie sans fin, c'est la vie prolongée.
Elle permet de retrouver la jeunesse, elle est au fond de la mer."
Et Gilgamesh réussit à s'en emparer. Mais sur le long chemin de son retour, pendant son sommeil, un serpent lui dérobe la plante. 
Alors Gilgamesh s'assit et pleura. Il reviendra des confins du monde dans la cité d'Uruk, mortel parmi les mortels, comme nous tous.
L'épopée s'achève comme elle a commencé, par un  chant à la gloire de la cité d'Uruk, que nulle cité au monde ne peut égaler.
Ici, l'échec est un voyage de retour d'un humain demeuré pleinement humain dans le monde des humains. Les mythologies ont souvent exploré ce thème de la quête d'éternité pour l'homme. Plus tard, avec l'Odyssée, c'est Ulysse qui refusera de devenir immortel pour revenir auprès des siens et vivre sa vie d'humain. Ces épopées sont magnifiques et nous montrent que l'immortalité peut s'obtenir en écrivant l'histoire de héros légendaires.


dimanche 12 mars 2017

Mythologie grecque

 La mythologie grecque fait partie des fondements de notre civilisation. Plus que des histoires d'immortels et de mortels se faisant la guerre comme on les voit souvent, ces mythes sont à la base de notre philosophie. Ils sont restés très importants dans notre inconscient et l'astrologie, qui nous vient aussi de l'antiquité, les utilise pour expliquer les forces qui agissent en nous et autour de nous. 


Dans son ouvrage intitulé : « La sagesse des mythes, Apprendre à vivre 2 » Luc Ferry nous retrace l' histoire de la mythologie grecque. Dans ce livre passionnant, il nous livre sa vision de l'utilité de la mythologie aujourd'hui. "Tradition commune à toute une civilisation et religion polythéiste, la mythologie n'en n'est pas moins d'abord et avant tout une philosophie encore "mise en récit", une tentative grandiose en vue de répondre de manière laïque à la question de la vie bonne par des leçons de sagesse vivantes et charnelles, habillées de littérature, de poésie et d'épopées plutôt que formulées dans des argumentations abstraites. C'est à mes yeux cette dimension indissolublement traditionnelle, poétique et philosophique de la mythologie qui en fait tout son intérêt et son charme aujourd'hui",
"Elle représente aussi une tentative admirable en vue d'aider les hommes à se "sauver" des peurs qui les empêchent d'accéder à une vie bonne".
Il nous montre que l'ensemble de ces mythes a un but : mettre de l'ordre dans le chaos initial. Chaque mythe tente de nous rapprocher de l'ordre cosmique .
« La vie en harmonie avec l’ordre cosmique, voilà la vraie sagesse, la voie authentique du salut, au sens de ce qui nous sauve des peurs et nous rend plus libres et plus ouverts aux autres. » nous dit-il.




Ainsi, la mythologie grecque nous permet  une lecture de la construction du monde et de l’ordonnancement du cosmos dans lequel l’homme a sa place. C'est à partir de la mythologie grecque que s'est forgée la philosophie occidentale. C'est aussi sur ces mythes que l'astrologie s'est construite. 

En effet, la mythologie grecque,  avec tous les archétypes de notre civilisation, nous permet aussi d'ordonner notre monde intérieur, d'y mettre de la conscience. Ce qui se joue entre les dieux de l'Olympe et les mortels, c'est aussi et surtout ce qui se joue en nous. La notion d'archétype, définie par Jung, le grand psychiatre, est 
ce qui organise et structure l'ensemble des processus psychiques de l'être humain. Ils structurent l'inconscient collectif. L'ensemble de ces archétypes, utilisés également en astrologie humaniste, est issue des grands mythes grecs.

Plus nous devenons conscients de ce qui nous anime (et ces archétypes sont la partie cachée ou inconsciente de notre psyché), plus notre monde s'ordonne et devient fonctionnel pour atteindre une liberté d'être détachée des peurs qui nous empêchaient d'avancer.



"Derrière cette volonté de s'ajuster au monde, de trouver sa juste place au sein de l'ordre cosmique tout entier, se cache en réalité une pensée plus secrète qui rejoint directement notre interrogation sur le sens de la vie des mortels, de ceux qui savent qu'ils vont mourir" : tout le message nous invite à penser que l'ordre du monde que Zeus va construire est éternel. Mais "une fois fondu  dans le cosmos, une fois sa vie mise en harmonie avec l'ordre cosmique, le sage comprend que nous, petits humains mortels, nous n'en sommes au fond qu'un fragment, pour ainsi dire un atome d'éternité, un élément d'une totalité qui ne saurait disparaître de sorte qu'à la limite, pour le sage authentique, la mort cesse d'être un problème parce qu'elle n'est plus rien de véritablement réel. Ou pour mieux dire, elle n'est qu'un passage d'un état à un autre, un passage qui, en tant que tel, ne doit plus nous effrayer."




Le livre de Luc Ferry nous démontre que la mythologie n'est pas qu'un livre de légendes, comme on le prétend parfois, mais bien un livre qui retrace la sagesse antique des mythes, toujours présente en nous et parmi nous.